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 Lia [esclave surprenante]

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AuteurMessage
Lia

۞ Créature ésothérique ۞

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Messages : 347
Date d'inscription : 09/05/2011
Age : 29
Localisation : Quelque part entre son passé et son destin...

Papier d'identification
Race: Démon(e)
Orientation sexuelle: Hétérosexuel(le)
Maître/Esclave de: Blades-sama

MessageSujet: Lia [esclave surprenante]   Lun 9 Mai - 6:07


Lunadea Irae d'Ambre

Nom : D'ambre (est tenu secret)
Prénom : Lunadea Irae (tenu secret aussi, on l'appelle Lia)
Sexe : ♀
Age : 475 (elle semble avoir 20-25ans pour une humaine)
Race : Démone (ambrienne)
Groupe : Esclave
Métier : Gen'kai de Wiver Blades
Orientation sexuelle : Hétérosexuel normalement (mais elle se doit d'obéir)

Pouvoirs

Sang d'Ambre: : C'est le pouvoir contenu dans sa lignée, elle permet de changer son sang de forme, de structure, de densité, de volume et de poids, couleur, aspect. C'est une pratique dangereuse, surtout si elle l'utilise en combat vu qu'elle perd non seulement de l’énergie, mais beaucoup d’hémoglobine également. Ces créations ont non seulement son sang, mais également sa psyché et son intelligence (pratique pour des objets -_-). N'essayez même pas de retourner ses armes contre elle, c'est une perte de temps, elle a ce qu'on appelle un lien psychique avec eux. Ainsi modeler une matière donnée n'est pas aisé, cela peut se faire de deux manières : La manière rapide, où elle doit perdre autant de sang que le volume, masse, densité à atteindre (rien qu'une bille de plomb c'est énorme) ou la manière tranquille, où elle peut se concentrer pour changer lentement les aspect de son sang. C'est grâce à ce pouvoir qu'elle peut prendre forme humaine, elle contracte tout son sang pour resserrer sa carcasse, la transformation en démone peut-être rapide mais extrêmement douloureuse et les effets apparaissent une fois de retour en forme humaine.

Conjuration: : C'est une forme d'enchantement d'objets très théorique, très lente mais également très dangereuse. Une conjuration a quatre niveaux, le basique lui coûte près de 15min, pour l'évoluer légèrement 1h, le niveau 3 prend 6h et le dernier 12 à 24h complètes (C'est à dire sans compter les pauses, et tout son petit travail d'esclave). Elle ne peut pas enchanter quelqu'un, seulement des objets. Elle connait 15 conjurations.

Physique

Comment suis-je ? Vous êtes bien indiscret... Certains disent que je suis trop grande pour être vue, semblable au ciel en pleine nuit, immense et voluptueuse, que les étoiles sont mes grains de beauté et que la lune est un de mes yeux, celui qui veille sur le monde des vivants, l'autre veillant sur le monde des morts, d'autres disent que cette masse noire n'est que mon domaine où je savoure les plaisir des sens, mon corps arqué prenant des postures toujours plus sensuelles au fil des cycles, espionnant au passage les hommes depuis mon vaisseau astral. Certains disent que je suis une horrible créature, auparavant humaine puis peu à peu maudite par dieu et satan en personnes que je tentais de remplacer, devenant alors une chimère odieuse qui se terre dans les ténèbres pour ne pas vous faire sombrer dans la folie au premier regard. D'autres disent aussi que j'apparais la nuit sous les traits d'une belle femme pour détruire la raison des hommes et les happer dans l'obscurité de leur âme...

C'est beau tout ça n'est-ce pas ? N'allez pas me dire que vous croyez ces balivernes ? Et sincèrement, que je sois belle, hideuse, déique ou même une simple rampante, que je sois puissante ou une simple bonimenteuse : qu'est-ce que cela peut bien vous faire à vous ? Vous ne me verrez jamais telle que je suis, vous ne verrez que ce que vous désirerez au travers de moi, tantôt laide, tantôt désirable. La vérité ? Haaann... Vous êtes détestable de me le demander. La vérité n'est pas si simple, je ne suis ni l'un ni l'autre, tout en étant les deux à la fois. Je suis laide, au point de faire trembler le plus courageux des guerriers par la seule vue de mon corps démoniaque, mais je peux être ravissante, humaine.

Non, un de mes corps n'est pas laid, il est humain. Féminin même, si vous voulez plus de précision. Belle ou moche ? Ça je ne saurais vous dire, c'est fonction de vos goûts. Je sais que les regards passent parfois sur moi, je ne suis donc pas laide, mais je sais également que je peux ne pas attirer votre œil si je trouve une femme servant d'épouvantail ou simplement en me cachant dans la nuit. Les membres de ma famille sont connus non pas pour être beaux, mais envoûtants sous cette forme, comme s'ils étaient régis par d'autres lois que les vôtres. Ma silhouette est fine, féline, mon pas cadencé ne cessera de vous rappeler le temps qui passe au rythme effréné d'un pendule. Tic tac tic tac... Et oui, je suis un chat, je suis une panthère, je suis vos plus sombres désirs tout en vous inspirant la peur de votre vanité, je suis une louve protectrice et effroyable. Je suis à la fois désirable, et pourtant je vous fais froid dans le dos. Mon absence de sourire ne fait que vous affaiblir, peut-être le faites vous avec ravissement, peut-être par obligation.

Certains disent que mes cheveux sont d'un noir opaque, que même les rayons du soleil ne pourraient traverser, d'autres disent qu'ils sont d'un gris acier plus froid et lumineux que celui de l'astre nocturne. La vérité ? Ils sont bien les deux, je ne suis pas aussi simple que vous, définie par une pigmentation, je réagis à ce qui m'entoure, je suis plus lumineuse qu'un phare et pourtant plus sombre que les profondeurs. Oui, mes cheveux n'ont pas de reflets, et pourtant à la lumière ils sont bien plus lumineux que tout ce qui pourrait-exister en ce monde. Mais peut-être ne comprenez vous pas ? Je ne me nourris pas de la même lumière que vous autres, je me nourris de tout et de rien, je me nourris de ce que vous ne voyez pas, je me nourris de votre être sans pour autant vous l'enlever. Mes cheveux sont ce que les autres ont vus tel un voile, long et noir lumineux, ce ne sont que des cheveux après tout, mais ils sont une parcelle de l'image que vous apercevrez. Je ne perçois pas non plus les choses comme vous. Vous faites bien trop confiance en votre vue, votre ouïe ou même votre touché... Mon cerveau n'est pas construit de la même manière, je ne me focalise pas sur un sens pour une information, mais sur tous mes sens à chaque instant.

Mais je ne vais pas vous mentir, ma peau est des plus nacrée, comme si la mer m'avait rejetée polie et plus raffinée qu'une perle. Mes yeux sont semblables à deux lunes blanches qui refléterait toute la froideur que vous m'inspirez. Non je ne vous hais pas, je ne vous méprise presque pas même, mais nous ne sommes pas du même monde, nous n'avons pas la même conception des choses, et je m'attriste de voir notre monde périr sous cet amas d’ignorance et de faiblesse. Vous penserez voir dans mon regard de la tristesse, parfois de la colère, mais en réalité c'est simplement du vide, de l’indifférence.

Non... C'est vrai, peu de choses y parviennent, mais il serait idiot de nier que je peux ressentir des ersatz d'émotions, je peux avoir le visage défiguré par la haine, la colère, je peux avoir les yeux engloutis sous un raz de marée de larmes, je peux hurler à faire trembler les montagnes quand la douleur est trop grande. Oui je peux ressentir ce genre de chose, mais à quoi bon vous le dire ici ? Vous ne le verrez jamais, je me terre depuis si longtemps, cachant non seulement mon vrai être, mais également toutes ces émotions, alors pensez vous vraiment que je vous les dévoilerais ainsi ? Ne soyez pas sot, mon visage restera impassible devant votre être, je ne disais ça que pour que vous sachiez ce qui se profilait dans l'ombre.

Mon corps peut paraître frêle, mais il n'en est rien, ma finesse me donne une force tout ce qu’il y a de plus raisonnable sans pour autant me faire paraître bodybuildée, me donne un souffle suffisant pour traquer mes proies , me permettant de courir longtemps. Mais mon corps vous donnera une vraie information : Je suis leste et souple, je suis taillée en finesse. Tout mon corps est dans la longueur, pas de rondeurs, rien qui ne puisse gêner mes mouvements, en dehors évidement de mes courbes féminines, mais j'ai finit par m'y habituer. Vous voulez savoir pourquoi ma peau à une teinte si pure ? Parce que mes cellules n'ont jamais perdu de leur vigueur, je ne me souviens pas avoir déjà traîné sous le soleil, allongée sur une serviette par flegme. Car mes origines se trouvent au plus profond de la terre, passant des enfers vers Nirnes, mon chez moi, des catacombes où le soleil de filtre qu'à de rares vitraux aux teintes ternes. Un caveau, une crypte... un tombeau. Voila d'où je viens.

Enfin, vous ne m'attraperez pas avec cette description si sommaire, mais après tout, vous me connaissez peut-être déjà.  Oh... Vous vous demandez donc comment me reconnaître ? C'est très simple, vous ne le pourrez pas tant que je ne me serais pas révélée, ce sera parfois trop tard peut-être, j'évite de laisser trop de trace de mon passage, c'est plus prudent. Mais si vous voulez tout savoir, trouvez mon symbole officiel, celui que ma famille m'a attribuée. Imaginez une pièce d'argent noir, polit sur seulement quelques parties, le contour notamment, circulaire, représentant la lune pleine, symbole de renouveau comme l'ouroboros. Accolée en haut, le croissant de lune rappelle également mes premières dispositions : protéger durant la nuits et de ses aléas. Bien évidement il faut prendre cela comme une métaphore. A son opposé, un croissant de lune semble voguer sur cette marée noire, cela ne vous rappelle rien ? Et oui, je suis la barque du passeur, vous aidant dans votre traversée. D'ailleurs ne trouvez vous pas que le croissant de lune ressemble étrangement à la faucheuse de la mort ? Méditez donc dessus. Enfin au centre, trois pierres précieuses sont incrustées, deux diamants représentent mes yeux posés sur le monde, mon coté humain, la troisième plus haute et centrée, un rubis, montre ma vision des choses, au delà de la vision humaine.

Hum... Vous voulez donc que je vous parle de mon autre facette... Triste curiosité malsaine qui vous mena à votre perte. Mais soit, lisez donc ce qu'à bien pu écrire cet être inférieur, peut-être cela vous donnera-t-il le loisir de cauchemarder en attendant que je ne vous croque.

Glen 3.5 cyborg de reconnaissance a écrit:
Je n'aurais jamais cru qu'il me serait donné de contempler un jour la beauté de Nirnes, grande cathédrale enterrée d'où s’étendent des quartiers tentaculaires juste sous nos pieds. Je remercie dieu le père de m'avoir fait don de ces yeux bioniques, me permettant de rester terré dans l'ombre tout en observant l'intérieur de ce monument. Sa majesté la reine est là, belle jeune femme face à ces hordes de monstruosités tanto poisseuses tanto difformes, hurlant à l'unisson un beuglement à vous faire froid dans le dos. Je vois son corps se cambrer, parcouru de spasme, ses yeux semblent exorbités tant la douleur semble irréelle, ses cheveux se dressent tels des serpents pour venir plonger dans ses cavités oculaires, lui arrachant un nouveau une secousse, je les vois entrer, se frayer un chemin tout autour de son globe oculaire, rentrant toujours plus profondément dans son cerveau alors que son corps se met à changer, de gros craquements se font entendre alors qu'elle parait se disloquer, sa nuque prenant un angle impossible, ou plutôt deux angles opposés, sa mâchoire inférieur se décroche dans un sourire macabre et s'étire, faisant peu à peu lâcher la peau qui en cachait les muscles, les os. De fines dents font leur apparitions, grossissant peu à peu à vue d’œil, deux belles rangées de crocs aussi acérés que des aiguilles, son visage déformé ne ressemblant plus à celui d'une humaine, mais bien d'une créature suppliciée, la chaire à vif. Sa gorge se déploie, je serais prêt à parier qu'elle compte à présent plus de cervicales qu'elle ne le devrait, chaque craquement allongeant sa silhouette. La voila qui tombe les mains à terre, je la comprends, son corps entier s'allonge, créant de nouvelles vertèbres et déchirant toujours plus sa peau, elle parait sèche, et peu à peu une odeur envahit la grande salle, celle de la chaire, celle d'un corps fumant, peut-être même décomposé. On voit à présent ses cotes, si ce n'est même une partie de ses entrailles qui finissent par disparaître derrière ce qui semble être une membrane interne, sans doute son ossature qui se réorganise.
Ses jambes s'étirent et se disloquent, devenant les pattes arrières d'un monstre répugnant, ses mains sont pourvues de griffes de la taille de faux, effilées et froides, ses pattes arrières semblent puissantes, et on peut voir naître en bas de son dos une queue reptilienne musclée. Ce corps à l'apparence décharné se voit enfin recouvert d'un grand voile sombre, ses cheveux (ou du moins ce qui s'y apparentait jusqu'alors) viennent l'envelopper, une robe évanescente et voluptueuse pour une reine enfin apprêtée.
Sa gueule béante s'ouvre, certains racontent qu'il serait possible de la tuer en atteignant son cerveau par là, personnellement cette mâchoire ouverte et ces deux rangées de crocs acérés ne me donnent pas envie de vérifier leur dire. Certains au contraire pensent que les cheveux passés par ses globes oculaires ont enveloppé tout son cerveau, et comme tout le monde le sait, il y a bien peu de choses qui rivalisent avec la tension d'un cheveux ou la soie d'une araignée. Mais passons sur les théories. Sa gueule s'est donc ouverte dans un cri bestial, mais au lieux d'un appel tonitruant, ce que j'entends est bien pire. Un mélange de tant de voix, des hommes, femmes, enfants, hurlants de douleur à l'unissons, provenant de toutes part dans l'enceinte du bâtiment. La reine appelait ses sujets. Ils ne tardèrent pas à arriver, je n'y comprenait rien d'ici mais... j'aurais dit qu'il s'agissait d'un rituel... sans doute pour choisir le démon qui donnerait un enfant à la monarque. Si vous parveniez à imaginer, je suis sur que vous comprendrez mon haut le cœur.
Mon annalyseur s'emballe, il transmet directement les images données de cette créature.



...
La transmission a dû l'avertir, elle a dû le sentir. Bon sang comment ais-je pu être aussi négligeant ! Je n'ai même pas eut le temps de transmettre les données que nous avons dû détaller comme des lapins, ils ont tués mes compagnons, paix à leur âme, pour que je puisse m'en sortir. Je la sens, elle me traque. Je me suis baigné dans la boue pour qu'elle ne puisse plus me flairer, mais je me rends à présent compte que ses yeux aveugles ne sont en rien une tare, elle vient de planter ses griffes dans le sol. Sent-elle les vibrations ? Non... seigneur je m'en remets à

Mental

Vous m'en demandez beaucoup, mais j'ose espérer que si je réponds vous avez de quoi noter, je ne répéterais pas. Alors que puis-je vous dire ? Non, plutôt par où dois-je commencer. Peut-être par ce que vous penserez que je suis aux premiers abords ?

Quand vous me verrez apparaître la toute première fois, vous me haïrez sans doute, vous vous direz que je ne suis pas à ma place, que je transpire et pue la médiocrité, que je suis froide. Je ne pourrais pas vous en vouloir, oui je vous mépriserais, non je ne dirais aucun mot gentil ou autre. Pour moi vous n'êtes que des rampants sans vraie force, de simples humains, choses abjectes ou êtres soit disant supérieurs qui se permettent de jouer avec des forces qui vous dépassent complètement. Vous me faites honte, vous me faites vomir, je vous hais pour ce que vous êtes, pour ce que vous représentez : des fourmis prétentieuses et impertinentes. Des enfants qui jouent avec le feu et pensent que leur maigre puissance est une excuse pour détruire leur voisin. Que l'insouciance est une force que les jeunes maîtrisent alors qu'ils ne font que détruire leurs propres ailes qui leur auraient permises de s'envoler plus tard. Une bataille de fourmis... Voila ce que je vois dans vos petites guerres, voila ce que je vois quand vous me parlez de mafias rivales, de groupes extrémistes, voila ce que je vois en vous. Je me désole à chaque instant de savoir qu'un démon à tué un humain ou qu’un vampire n’a pas su contrôler sa soif. Car au final, je ne vous trouve pas toujours plus évolués que des animaux alors que vous vous permettez de les reléguer à un rang inférieur du votre :  Les animaux au moins ne chassent et ne tuent que par nécessité, aujourd’hui même les démons que je pensais évolués tuent les rebelles pour des idéaux… et ils le leur rendent bien.

Peut-être est-ce ça mon problème, je ne ressens pas de plaisir, que ce soit pour tuer ou même pour vivre, je n'attends pas grand chose de ce qui m'entoure sinon de réaliser mon destin. Je ne comprends pas en quoi on peut trouver du plaisir à voir un corps mourir ou souffrir, voir notre puissance respectée et crainte, voir des gens apeurés. J'avais pourtant été élevée comme cela, en monarque, défiant le ciel et les enfers de ma toute puissance. Mais contrairement à vous, j'ai grandit, j'ai évolué.

Ha... Je dis tout ça sur vous mais au final je sais bien ce qu'il y a, la vérité c'est que je vous jalouse, tous autant que vous êtes. J'envie votre crédulité, j'envie votre culot, j'envie votre espoir. C'est si ironique, vous m'êtes inférieurs en bien des points mais je me sens si faible comparé à ce que vous possédez. Je suis enfermée depuis si longtemps au fond de mon propre corps que je ne sais même plus qui je suis. Les seules personnes que je voudrais peut-être voir dans mon univers me font peur. Peur ? Et oui, pas dans le même sens que vous pouvez le penser, je ne crains pas qu'elles me frappent ou me tuent, non... Simplement qu'elles me rejettent. Aurais-je finalement un cœur ? Ce n'est pas ce à quoi vous vous attendiez hein ? Pourtant c'est bien vrai, sur le papier ma suprématie sonne bien n'est-ce pas ? Même mon attitude est faite pour vous décourager, mais la vérité c'est que vous m'inquiétez. Je vous aime et vous hais, je ne sais que faire de vous. Suis-je une mère ? Une protectrice ? Une sœur ? Un ennemi ?... Une amante ? Aucune idée. Mais ce qui me fait le plus mal est de savoir que je serais toujours une ennemie quand vous me connaîtrez : Une ennemie à abattre, une ennemie à manipuler, une ennemie à posséder. Mais jamais vous ne m'aimerez.

Vous êtes cruels vous, autant ma famille me fait peur pour d'autres raison, autant le fait de rester avec vous me fait ressentir des choses. Je m'y refuse et en même temps j'aimerais tant m'y plonger. Mais mon histoire ne me le permets pas, et de toutes manière, que viendrais-je y faire ? Vous me laisserez seule, quel intérêt de ressentir toutes ces peines ? Tant que je ne vous aime pas, je ne peux être triste de vos trahisons, de vos départs, de votre mort...

Pourtant je suis forcée de vivre dans le même monde que vous, là, parmi vous. Je sais que j'ai la douceur du velours de soie, la candeur du nouveau né, la délicatesse d'une fleur, mais à quoi bon, vous prendrez ça comme une faiblesse à exploiter, ou pire,  pour de la manipulation de ma part.

Manipulatrice ? Et oui, il faut bien l'avouer, je le fais très bien, mais c'est mon unique moyen de défense, notamment vis à vis de ma famille. Oui... La politique. Je ne joue pas avec les mêmes armes que vous, contre eux, la force ne fait rien, ils sont nombreux, ils sont têtus. Vous l'êtes un peu aussi au final, mais je sais que je ne vous veux pas de mal.

Mais il peut arriver que je m'embrouille des fois. Moi qui préfère penser que je n'ai aucune faiblesse je suis bien forcée de constater que oui. Peu le savent, mais je reste connectée à toutes mes créations, constamment... Maintenant imaginez que j'ai à mon actif tant de créations en permanence... Oh pas toutes intéressantes hein ? Des breloques, un vase, peut-être même une robe, imaginez toutes ces choses, toutes les voix, toutes les pensées qui peuvent parcourir mon cerveau en une fraction de seconde. C'est une torture, chaque instant de ma vie je ressens ce trop plein de pensées, saturant tous mes synapses comme un fourmillement dans ma tête. Je les organise, je les limite, je les bloque, mais qui ne deviendrait pas fou. Non je ne suis pas faite comme vous, mais je garde mes limites, j'ai appris à vivre avec même si je ne m'y suis jamais habituée. Ah... Quelque part je viens de vous donner l'indice pour me tuer... J'ose espérer que vous ne chercherez jamais à faire crier toutes mes créations en même temps. Là c'est sur, soit ma tête exploserait, soit je deviendrais folle.

Enfin bon... J'ai beau être fermée aux premiers abords, je ne m'aime pas, loin de là. Je sais n'être qu'un pion dans une réalité qui vous dépasse, si je disparaissais vous n'en auriez même pas conscience, j'ai peur, je me sens si seule, et le pire, c'est que je sais que je n'ai aucun espoir d'amélioration. J'ai de grands pouvoirs ? Ah ! Grand bien m'en fasse, je ne peux en utiliser le quart sans craindre qu'on me repère, sans craindre de faire du mal à ceux qui me sont chers... Vous tous. Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités ? Tu l'as dit... Mais moi, mon destin m'a prise comme pantin... Et je n'ai d'autres choix que de l'accepter.

Histoire

0- Préambule

Ma venue avait été attendue me disait-on, on m'espérait, on m'annonçait. On m'avait donné des formes bien diverses par le passé, l'histoire et les religions recèlent déjà de marques de mon passage alors que je ne suis pas encore née. On m'a nommée Sîn, Aken, la faucheuse, la mort. Mais au final, ils se trompaient tous, même s'ils ont cherché à me créer une destiné, ces choses n'étaient que des vagues reflets de ma réalité bien plus complexe.


I- Prélude

Non, mon histoire ne commence pas à ma naissance, sinon ma vie aurait été tellement plus simple. Soyez cependant certains de comprendre, ce n'est qu'une légende, déformée par les ages, je ne sais où est la vérité, où est le faux, je sais juste que l'histoire de mon clan à impacté sur ma vie et sur mon destin, et qu'elle impactera sur ceux qui entreront dans ma vie.

Il y a fort longtemps, le monde n'était pas tel que nous le connaissons, terre hostile et parcourue de tempête. On dit que les pierres galopaient, que les arbres criaient, que le sol était plus traître qu'un assassin. Le chaos régnait en maître. Deux territoires semblaient réels, les cours du Chaos, enfers comme vous l'appellerez, et le château de lumière, ou paradis, lieux saints de la réalité. Tous deux étaient considérés comme les extrémités du monde, les points de repères de la réalité. Au milieux d'eux, le monde se déclinait en de multiples dimensions nommées ombres, elles étaient, disait-on, les reflets du paradis déclinés et déformés par le chaos, baignées tout autour du néant nommé Abysses. Celle du milieu était la plus convoitée, le parfait mélange des deux réalités, entre la bonté paradisiaque et la haine infernale : la terre. Nous voulions tous l'acquérir, le voir tomber entre nos griffes, en faire un avant poste ou simplement être là en maîtres. Mais la destinée en voulu autrement. Nous sommes resté dans notre enfer et ce, à cause d'un seul homme.

C'est là que ma famille trouve sa source en un homme nommé Dworkin, de la maison Barimen, un petit homme bossus et à la barbe mal taillé. Fou à lier et scientifique dingue. Oui, son plus grand plaisir était de faire des expériences toutes plus loufoques les unes que les autres. Remarquez, dans un monde ou les cailloux sont élevés en troupeaux je ne me permettrais pas de juger. La légende raconte qu'en dehors de sa forme humaine hideuse, il pouvait également ressembler à une silhouette immense encapuchonné de vert, les mains noires griffues semblables à des serres. On raconte qu'il avait fait tant d'expériences que ses propres enfants en font parties, cherchant à développer un nouveau pouvoir au sein même d'une matrice chaosienne. Peu à peu, ses enfants moururent, de malformations parfois, de folie pour d'autres ou encore de la main de leur créateur elle même tant il était déçu du résultat. Mais un jour, un enfant naquit : Oberon. Nul ne sait comment il parvint à ses fins, mais la légende raconte qu'il le créa après avoir dérobé une partie du pouvoir de Satan lui même, condensé et conservé dans un rubis : le joyaux du jugement.

Poursuivit comme un renégat, lui et ses enfants vivants furent bannis des cours du Chaos puis traqués pour haute trahison. Quelques temps plus tard, sur une ombre lointaine, une nouvelle source de puissance fit son apparition et déclencha la toute dernière tempête d'ombres pour les reformer : Ambre était née, empreinte de réalité si pure que ni la magie ni les armes à feu ne pouvaient y fonctionner tant les lois y étaient différentes. C'est là bas que mon clan fut fondé, Obéron, mon grand père, fut le premier à porter en son ventre la marque des princes. On raconte qu'il était d'une puissance incroyable, si bien magiquement que physiquement. Et toutes les femmes du pays surent qu'il était bien fait physiquement. J'ai honte de le dire mais je crois bien que c'était un chaud lapin, à ce jour encore mon père me disait qu'on ne savait pas combien d'enfant il avait pu avoir... en plus de ses neufs enfants légitimes avec ses épouses consécutives, il aurait également 47 autres enfants illégitimes recensés... Mais pour sa défense on raconte qu'il aurait vécu plusieurs milliers d'années.

Je ne fais pas grand cas de ce genre de chose, je sais que nous autres démons, ou plutôt ambriens comme nous nous nommions vivions bien longtemps, mais ce qui m'étonne plus c'est le peu de nativité du coup... Les hommes de mon clan ne me paraissent pas très fertiles... Hum... Enfin bon ce n'est pas la question. Retournons à mon histoire.

Bref, au cours des années, les enfants légitimes de mon grand père ne cessèrent de se déchirer pour l'accession au trône d'Ambre, le premier mariage, duquel était issu trois de mes oncles, ayant été annulé ab initio... Ceux ci, malgré le fait qu'il furent les premiers nés n'eurent donc pas droit au trône, ou du moins n'étaient pas en tête de liste. Suite à ça, naquit mon oncle, officiellement héritier, puis mon père. Cependant tout le monde semblait savoir que mon grand père avait une préférence pour mon géniteur, plus droit et stable que mon oncle Eric. Tout le monde savait qu'il lui donnerait le trône à sa mort mais, finalement, le destin en décida tout autrement.

Eric fit enfermer mon père, prétextant la folie et s'entourant de quelques oncles et tantes puissants, le droguant et le torturant jusqu'à ce qu'il perde réellement la mémoire durant de nombreuses années. Mais les intrigues à la cours ne sont jamais aussi facile quand on veut s'emparer des joyaux de la couronnes, et avant même qu'Eric ne vienne réclamer les changements d'héritier désigné, Oberon disparut, emportant avec lui le joyaux du jugement et sa couronne.

Les temps à Ambre furent troublés, chacun lutant pour ses propres intérêt et ne liant des alliances que dans l'idée de les trahir à la première occasion, cherchant une manière de remanier l'accession au trône en l'absence du roi. Mais hélas pour eux, il y avait toujours un imprévu, et dans cette cacophonie de plaintes et de gnan gnan dont les Chaosiens devaient certainement rire, mon père recouvrit peu à peu ses esprits. Après quoi, s'ensuivit une lutte acharnée sur plusieurs années pour obtenir le trône pour certains, pour réclamer justice pour mon père.

Je ne vous dirais pas comment tout ceci c'est produit, mais vous vous doutez bien qu'il a eut son lot de trahison, de plaies, de doutes... Mais c'est l'histoire de mon père, pas la mienne. Toujours est-il que durant cette quête il fut couronné deux fois roi... Dont une fois pour seulement quelques secondes. Quand il me racontait cette histoire j'avais presque envie de rire mais son visage m'en dissuadait, surtout quand il me racontait qu'il s'était fait crevé les yeux pour cette idiotie. Le monde d'Ambre et bien cruel quand il s'agit de pouvoir. Il me disait aussi de me méfier de tout le monde, que chacun tenterait de m'attirer dans leur filet pour profiter de ma candeur, de ma force, ou simplement pour se servir de moi comme épouvantail. Je lui avais alors demandé pourquoi me mettait-il en contact avec eux et non pas avec ma famille maternelle et il m'avait répondu que même s'il les considérait tous, surtout son père, comme des salopards coléreux, il avait appris à en aimer certains, ceux qu'il n'aimait pas étant mort de son épée ou tombés dans les abysses. Il me raconta également qu'Oberon mourut à la fin de cette première guerre de pouvoir, l'un de ses enfants ayant tenté de détruire notre réalité. Il avait donc réparé ce lieu de pouvoir par son sang, des litres et des litres de sang royal pour refaçonner cette entité qui paraissait soudain bien plus vivante, bien plus, consciente.

Père me racontait qu'il était resté roi quelques années, il me le disait comme s'il se rappelait d'une période particulièrement chiante de sa vie. C'est vrai que je ne le voyais pas du tout le cul sur une chaise dorée à faire de la paperasse avec tout le monde qui lui faisait des courbettes. Le destin sembla lui jouer un tour, s'amusant de son ennui, il confia alors la couronne à son petit frère, gamin dissipé mais qui acquit la connaissance de la loi rapidement. Père me disait qu'après son manque de confiance en ce petit frère capricieux, il avait finit par voir le bon roi qu'il deviendrait. Et il paraîtrait même, qu'il était un musicien hors pair. Mais tout ceci n'est que loin de moi.


II- Union dangereuse

Vous devez vous demander pourquoi je vous raconte tout ça si ce n'est pour vous faire croire que je suis de sang royal et que notre puissance dépasse votre entendement. Détrompez vous, j'y viens, et comme je le disais, ce ne sont que des rumeurs, des légendes détournées, améliorées, changées... Mais elles restent la croyance de mon clan... Ou plutôt de mes clans.

Père fut alors soulagé du poids de la couronne, il ne manqua pas d'ailleurs de jurer allégeance au nouveau roi, avec un certain plaisir d'ailleurs. C'est vrai que quand on le voit maintenant, il parait aberrant qu'il fut roi ne serait-ce qu'un instant. Mais toujours est-il qu'il partit loin d'Ambre, retournant sur les routes comme autrefois. Il ne me l'a pas dit directement, mais j'ai cru comprendre qu'il s'était lui aussi adonné aux recherches du pouvoirs, il me parla d'un arbre nommé Ygg sur lequel repose une nouvelle réalité, un nouveau schéma qu'il aurait lui même construit, plus pur, plus brillant. Sur le moment je n'ai pas bien comprit, maintenant j'ai peur de ce que cela implique : Il ne m'avait jamais dit si cette expérience avait été faite avant ou après ma conception.

Quelques temps après avoir quitté Ambre, mon père eut une aventure avec une femme inconnue, une certaine Melle de la Touch. De leur union naquit mon demi-frère Merlin qui aujourd'hui est sans doute sur une ombre lambda, puis quelques années après, il rencontra une femme qui se nommait Dara.

C'était en été, fin d'été semblait-il. Il avait passé beaucoup de temps à voyager et était arasé par la fatigue. Il s'employa à trouver un lieu ou dormir, au fur et à mesure qu'il avançait avec pour seule idée de trouver un lit douillet, une petite masure apparut devant ses yeux. La cheminée laissait onduler un nuage tiède qui s'élevait dans le ciel comme un signal d'accueil et de bienveillance, l'auberge de forêt présentait peu de visiteur, ou en tous cas à en juger par les traces de passage sur le chemin. C'était comme si elle avait été posée là dans le seul but d'attendre mon père.

Il passa la porte avec tout le silence que pouvait produire ses lourdes bottes boueuses et ses épées Grayswandir et Werewindle sur le planché vieillit par l'humidité. Ses observations s'était avérées justes, peu de gens étaient présents ce soir là, quelques voyageurs sans grand intérêt, le chasseur du coin... S'installant alors au comptoir, il commanda un plat médiocre histoire de ne pas attirer l'attention sur lui et réserva une chambre banale pour la nuit. Il ne devait pas s'attarder ici, il repartirait à l'aube, ou du moins c'est ce qu'il avait prévu en passant la porte. Mais à peine ses yeux s'étaient posés sur la tenancière que toutes ses certitudes s'envolèrent, d'une beauté majestueuse, d'une finesse délicate. Cela faisait bien des années qu'il n'avait pas connu de pareille femme. Dix sept ans, elle n'en faisait pas plus, radieuse et envoûtante.

Il eut la décence de ne pas me parler de cette nuit. Quand il me l'avait raconté, j'ai sentit comme un brin de fierté alors qu'il m'observait, comme si j'avais été à nouveau une de ses créations. Je sais juste que finalement il n'eut pas à payer l'auberge et qu'il ne se réveilla que quelques heures déjà après l'aube. A son réveil, tout avait disparut en dehors du lit, plus de jeune femme, plus d'auberge, plus de chemin. Seul un petit message le remerciait du don qu'il avait fait aux Chaosiens. L'idée même qu'il venait d'offrir un enfant princier aux ennemis d'Ambre lui paraissait aberrant, je lisais la colère dans ses yeux et la honte alors qu'il me racontait le désespoir dans lequel il s'était soudain trouvé. Il avait alors cherché à reprendre ce qui lui était dû, il chercha alors à retrouver cette femme puisqu'à première vue, elle avait été réelle, si elle pouvait porter son enfant alors c'est qu'elle avait une vraie matrice et que ce n'était pas une simple illusion comme tout le reste.

Il ne me parla que très brièvement de ça, de ce qu'il fit pour récupérer cet enfant, il me dit qu'il revint à Ambre, demandant à ses quelques anciens alliés de l'aider. Il y partirent... A Quatre. Corwin, mon père, fine lame aux épées légendaires, charogne de première quand il s'agissait de ne pas crever, Bénédict, le premier de la fratrie, général des armées d'ambre, combattant invaincu même depuis la perte de son bras droit, Bleys, magicien bizarre et blagueur, on dit de sa puissance qu'elle surpasse n'importe quel volcan ou météore et enfin Florimelle, blonde de service et allumeuse de première. Oui... Ma famille est étrange. Je ne sais si cela se passa dans le sang ou si mon père usa de sa meilleure arme : la ruse. Je sais seulement que la jeune femme du nom de Dara Sawal, fille du baron Helgram et de la comtesse Hendrake, les trois plus grandes maisons des cours du Chaos, fut retrouvée endormie, l'abdomen ouvert, sans aucun bébé en son sein. Père me dit qu'elle est toujours vivante, qu'il en faut bien plus pour tuer un sang aussi démoniaque, et qu'elle viendra chercher son butin.


III- Mes premiers temps

Et oui, ce petit être rose, c'était bien moi. Mon père m'a arraché de la matrice de ma mère pour me faire rejoindre un monde bien moins douillet. Mais jamais je ne saurais si ce qu'il a fait est bien ou mal, ici, ça n'a pas vraiment de valeur comme notion. Il m'a arraché à ma génitrice, certes, mais le chaos est vraiment un lieux... étrange, je ne sais pas si j'aurais été traitée en princesse, en reine ou en bout de viande. Je préfère ne pas y penser. Je ne sais même pas si j'étais déjà formée quand il m'a prise, j'étais vivante, et je le suis encore aujourd'hui, c'est peut-être grâce à lui.


Je sais juste que mes premiers souvenirs remontent déjà à cette époque. Non pas parce que je suis plus intelligente que vous, non, faut pas abuser non plus, mais oncle Bleys y est pour quelque chose, il confectionna pour mon père un anneau d'intelligence, suffisamment puissant pour qu'un poupon tel que moi puisse comprendre et retenir ce qu'il me disait. Avez vous déjà eut la tête prise dans un étau ? Ou peut-être votre tête est-elle déjà passée sous un train lancé à basse vitesse ? Non ? Croyez moi je vous envie, mes premier souvenirs sont ceux d'une incroyable douleur alors même que mes mains potelées ne pouvaient encore masser mon crane endolorit. Je n'étais qu'un bébé, qu'un nourrisson, et voila que l'espace de quelques instants il développe mon cortex cérébral à une vitesse affolante, je sentais mes vaisseaux sanguin palpiter, je sentais mes synapses se déchirer. Mes premiers mots furent des cris de douleurs atroces, des supplications. Non... ma famille n'est pas des plus conseillées en matière de baby-sitting. Mais je les remercie. Étrangement c'est grâce à ce manque d'humanité que j'ai pu survivre tout au long de ma vie. S'ils ne m'avaient pas expliqué tout cela à ce moment, je n'aurais jamais pu me protéger et disparaître de la circulation. J'avais mal, certes, mais la douleur cessa peu à peu et Bley me maintenant en vie grâce à ses sortilèges, il aurait été dommage que ma pauvre tête n'explose.

Ce fut à cette époque, dans les quelques heures qui suivirent cette douleur que mon père m'expliqua toute cette légende, leur histoire, mon histoire, je sentais qu'ils n'avaient pas beaucoup de temps devant eux, avant que le Chaos ne se ressaisisse et parte en croisade pour me retrouver. Je ne pense pas avoir eut toutes les informations, seulement les plus importantes pour me protéger et attendre de pouvoir à nouveau parler à mon père en toute sécurité. J'ai peur, je ne suis qu'un bébé, mais sa chaleur me fait du bien, il me fait peur, sa puissance est incroyable, elle est écrasante et pourtant, il ne ferait rien de dangereux à mon égard. Je ne ressens pas la même chose de Bleys, il détient également une puissance fabuleuse, mais il semble plus fourbe, mais quelque part, après tout ce que me racontait mon père, je ne pouvais qu'être soulagée d'avoir deux protecteurs aussi habiles. La force et la magie...

Père m'expliqua alors comment j'allais survivre, qu'il ne pourrait pas prendre soin de moi autant qu'il le voudrait, qu'il avait autre chose à faire pour ne pas me mettre en danger. Je devais l'écouter attentivement, car dès que cet anneau me serait arraché, je redeviendrais le petit être fragile et inconscient que j'étais, mais que toutes ces informations resteraient gravées dans mon subconscient. Je devais absolument faire taire mon aura, mon pouvoir, je devais me cacher non pas des yeux des autres, mais bien de leur flair. Les Chaosiens étaient des monstres, il le savait bien, il avait rencontré mon arrière grand père après tout, ils me flaireraient si je sortais, si je me montrais en princesse Ambrienne. Je pouvais camoufler tout ça, je pouvais travailler ce qu'ils nommaient la "Compulsion", l'art de manipuler ses souvenirs, ses goûts : sa personnalité. Une sorte d'auto-hypnose, une forme de mythomanie. Je devais devenir une simple chaosienne, je devais me recréer à l'intérieur de moi même pour espérer un jour exister sans la peur au ventre. Pourquoi me parlaient-ils de peur ? N'étaient-ils pas puissants ? Qu'est-ce qui faisait autant frissonner les princes d'Ambres ? Je l'avais compris à cette époque mais depuis, j'ai oublié ce ressentit étrange.

C'est ce jour là que naquit la Reine Lunadea Irae Alinume, entourée de parents fabriqués de toute pièce par Bleys à cette époque. Une famille toute fabriquée, rien n'était réel en dehors de mon corps, le caractère de cette petite, le caractère de ses parents, son royaume... Tout n'était qu'illusion. Vivre cachée aux yeux de tous, au départ j'avoue que ça m'amusait, j'avoue que je me sentais soulagée de ne pas avoir été enfermée dans des geôles d'Ambres. Mais père semblait trouver qu'il n'y avait pas d'endroit plus dangereux que ces lieux, comme il disait, même lui avait réussit à s'en évader, je comprenais bien vite que j'étais dans une prison dorée, perdue là dans cette cathédrale enterrée sur terre. Je ne cessais d'avoir peur, je crois que la petite que j'étais à l'époque s'est imprégnée de cette peur, chaque mouvement, chaque son au dehors nous faisait hurler, toutes ces horreurs qu'on nous avait conté, comment ne pas être apeurées étant bébé.

Pendant plusieurs années, je suis restée en stase, apeurée à l'idée de rejoindre le monde de ces adultes qui se faisait une guerre bien plus sordide et fourbe que tout ce à quoi on pouvait me préparer. Je n'en étais pas consciente, mon cerveau avait repris sa taille initiale dès qu'on m'avait ôté l'anneau. Voila des années maintenant que je brouillais les pistes, nous avons été gardés en stase pendant plusieurs années, notre naissance étant référencé seulement plusieurs années après la date normale. Mais même face à la peur qui s'était insinuée tout au fond de mon âme, même face au complot dont j'étais devenue le jouet, une question naissait peu à peu en moi. J'étais un trésor pour mon père, mais quoi ? Un trésor comme un père aime sa fille ou une source de pouvoir et un poids politique incroyable ?

Je n'aimais pas cette idée. Mais plus le temps passait, plus je me faisais une promesse : un jour je vivrais, pour moi, pour personne d'autre, un jour je cesserais de me terrer comme une lâche et je pourrais vivre enfin à la lumière. J'étais la lune ? Alors je trouverais un soleil capable de faire pencher la balance, je trouverais un être en dehors des cours du chaos, en dehors d'Ambres pour me protéger de leur politique, je fonderais mon propre empire loin d'eux, loin de tout ça, je dirigerais le monde : mon monde.

Oui, déjà toute petite j'avais de l'espoir, peu à peu il s'est effrité. Avec le temps, avec le cœur, avec les émotions... Avec les démons.

J'avais donné à cette future reine un trop sale caractère, elle était têtue, même dans ce corps de bébé, elle ne cessait de pleurer, d'exiger sa pitance. Ce fut l'occasion de faire ma première mise à jour de son esprit, elle était trop fiable, trop forte. Si je voulais trouver mon protecteur je me devais de la rendre fragile. Et oui, j'étais petite quand j'ai pensé à tout cela, elle devait avoir trois ans... Mais mon esprit en avait un peu plus, je réfléchissais déjà, j'étais baignée dans ce cycle de manigances et de réflexions tordues qui m'interdisaient d'être plus sensible. Je n'avais pas le choix, je devais au plus vite être performante, être rapide, être discrète.


IV- La rencontre

La petite démone s'était peu à peu développée, elle était joyeuse et simple, presque naïve. Je voyais que ses parents n'étaient que des marionnettes, mais comment elle pourrait le voir ? J'avoue être fière de cette doublure, mon aura était contenue, tout ce passait comme mon père et mon oncle l'avait décidé, l'avait demandé. Au moins j'étais protégée, au moins personne n'était encore venu me chercher. C'était calme, très calme, Aly était un petite fille pouponnée et paisible, polie et courtoise, elle ne faisait pas de mal à une mouche, ne prononçait pas un mot de travers. Elle aimait par dessus tout les câlins et les rires mais en dehors de ses parents et des serviteurs du palais... Elle ne connaissait personne.

Il fallait sortir un peu, même dans le bac à sable ou jouait les autres enfants de démons, si j'avais voulu, j'aurais sans doute pu me protéger toute seule, mais je laissais la princesse que j'avais mise en place gérer la situation. J'ai ressentit de la colère, de la honte de voir mon visage écrasé contre le sol, de sentir le sable dans mes cheveux, de sentir mes papilles dans la merde. Non... Je ne trouverais pas un autre monde à diriger... Je dirigerais ce monde là, je l'écraserais, je le briserais jusqu'à ce que ces idiots m'obéissent, qu'ils s'inclinent et me supplient de leur offrir mon pardon.

Elle pleurait, elle toussait, elle s’étouffait. Non... je ne pouvais pas apparaître maintenant ! Et pourtant je ne pouvais pas non plus laisser mon corps mourir. Je sentais ce qu'ils me faisaient, je les sentais me cracher dessus, je les entendais rire. Mourrez ! Mourrez ! MOURREZ !!!!!!

L'instant d'après tout se calma, je n'avais plus de coup, j'entendais les cris de mes agresseurs mais je ne ressentais plus de douleur. Oh mon dieu... Les avais-je... tués ? Pitié faites que non... Je n'avais pas pensé un mot de ce que je venais de dire, je ne voulais pas leur mort... Que... Qu'est-ce qui m'avait pris ? Papa... papa ! J't'en prie, dis moi que je n'ai rien fait de mal. Mais je n'entendais pas des cris d'agonie, seulement des râles de douleur. Elle releva la tête, n'ayant pas conscience du pouvoir dont elle pouvait disposer. Nos yeux se posèrent d'abord... Sur des pieds. Oui... La cheville d'un gamin, derrière, nous pouvions apercevoir ces gamins qui m'ont ravagée le visage (heureusement il guérirait plus ou moins), la moitié était à terre, l'autre moitié reculait. Diantre... Un simple gamin pouvait ainsi faire peur aux foules ? Ce n'était que des enfants, mais remis à notre échelle, une fois ce gosse grandit, il pourrait bien s'imposer aux autres adultes. Notre regard larmoyant et sablé s'éleva ensuite au plus haut, découvrant peu à peu notre défenseur. Il était légèrement plus âgé que notre propre corps. Je ne le voyais que de dos, mais à sa posture je pouvais juger qu'il avait les bras croisés de mécontentements. Il n'avait rien d'impressionnant, ce n'était qu'un gosse mais au moins, il avait cette sorte de courage que je ne pouvais ignorer.

Mais quand il se retourna mes certitudes s'envolèrent. La petite princesse avait beau rester immobile, reniflant et pleurnichant, pour moi c'était tout autre chose. J’apercevais enfin ses yeux, son visage, un collier pendant à son cou, je ne voulais pas oublier un seul détail de ce qu'il était. Son regard me faisait perdre mes peurs et en gagner d'autres, l'espace d'un instant mon aura a pulsé, par chance je parvins à la calmer avant qu'elle ne s'étende trop. Bon sang, je ne pouvais pas le regarder plus longtemps. Il rayonnait, il me faisait mal, il avait cette sorte de... Chose comme Bleys, une puissance camouflée qui m'écrasait de là où j'étais. Qu'était-il ? Je l'avais pris pour un démon de bas étage mais il était inconcevable qu'une telle puissance magique puisse tenir dans un être au rabais.

Quelque part, je me suis décidée à ce moment là, sans en être réellement consciente c'est vrai. Mais je l'ai choisit, oui, sur cette simple sensation. Je faisais confiance à mon instinct, et surtout, j'ai eut foi en ma doublure pour ce qui était de me trouver des infos sur lui. Elle n'y loupa pas, dès le lendemain elle le poursuivait en mode ninja-couche-culotte, lui collant aux basques comme un chewing gum frais. Peu à peu ils devinrent amis, et moi même je me surprenais à me complaire ici, il ne me repoussais pas quand je venais le câliner, il n'avait pas ce sourire moqueur, il ne s'essuyait pas les pieds sur moi. Ah ! Mais à quoi pensais-je... J'avais presque oublié qu'il ne me voyait pas. Ah... Aly... Je donnerais tout pour moi aussi m'amuser et rire comme tu le fais tu sais. Alister... c'est donc ainsi que ce gosse s'appelait ? Je ne sais pourquoi mais quand je l'observais, je ne cessais de pulser, ce devenait de plus en plus difficile de me contrôler. Mon protecteur était là ! Je pouvais sortir n'est-ce pas, père ?


V- L'enfance

Mais évidement je ne le pouvais pas, j’apercevais père du coin de l'oeil parfois, ma doublure le prenait pour un mendiant louche. Je trouvais que ce look ne lui allait pas du tout. Mais il fallait croire que même lui craignait pour ma sécurité. Avait-il sentit mon aura resurgir au travers des ombres ? J'espère que non, sinon cela voulait dire qu'eux aussi. Et zut, j'avais déjà fait une erreur. Combien de temps mettraient-ils à arriver ? Quelques jours ? Quelques années ? La peur me reprenait, j'avais mal rien que de pensais qu'on pouvait à nouveau m'arracher à un lieu où je me sentais bien. J'avais beau regarder Alister, je me sentais bien là, dans ce parc un peu sombre. Il la défendait à chaque fois qu'elle était en danger, à chaque fois qu'elle se faisait mal il était là... Je l'enviais toujours un peu plus, je voulais moi aussi trouver une place, même si ce n'était pas avec beaucoup de gens, avec une cour des serviteurs et tout ce qu'avait mon oncle, mais juste me trouver une place tranquillement au sein, pourquoi pas, de ce monde là.

Au fil des année, les garnements qui lui faisaient du mal ne devenait plus qu'une faible et mauvaise plaisanterie. Je ne ressentais plus vraiment autant d'animosité à leur égard. Je savais que quoi qu'il se passait, "lui" il serait toujours là pour me sauver. Et il ne ratait jamais une seule situation où elle avait besoin de lui. Vraiment, c'était un garçon bien, il ne cherchait pas à écraser les plus faibles comme moi, mais bien à les conserver comme des fleurs rares. C'était un trait de qualité que je ne comprenais pas. Était-il réellement démoniaque ? Au final j'avais toujours vu ces être comme des égoïstes et égocentriques, le monde tournait autours d'eux et le meilleur marche pied dans la vie, c'était les autres, ceux qu'on réduisait, qu'on écrasait pour pouvoir gravir les échelons. Alors pourquoi lui, il avait une conception toute particulière des choses ?

Durant le temps que je passais à l'observer au travers des yeux de la petite, il attisait ma curiosité. Pourquoi ne la repoussait-il pas ? Elle était collante, plus petite que lui, naïve, idiote, inintéressante... Son rire cassait les oreilles et ses pleurs ne cessaient de m'agacer. Non... Ce n'était pas réellement ça... C'est juste que... je ne savais pas que mon corps pouvait produire ce genre de son. Pourquoi n'était-ce pas moi à sa place ? Pourquoi avait-on mis cette satanée épée de Damoclès au dessus de la tête d'un enfant comme moi ? Je n'étais peut-être pas démoniaque, et encore ça restait à prouver, je restais un enfants à cet age là... Je ne voulais pas rester enfermée à entendre ce pantin rire à ma place.

Regardes moi je t'en prie, regardes moi ! Je suis là, je sais que tu n'es pas comme les autres, je veux croire en ça, je veux que tu me trouve sans pour autant me mettre en danger. Pitié... pitié... Regarde au fond de mes yeux, au fond des yeux de cette petite et trouve moi, souris moi, juste à moi et non à elle... Ne me dis pas que ce pantin peut te bluffer à toi aussi ?!

Pourtant il fallait croire que oui. Il ne m'a jamais trouvée, il n'a jamais eut vent de mon existence, il ne voyait toujours qu'elle... Les enfants sont cruels, je l'étais encore plus envers moi même, je ne cessais de me détester, priant pour que mes pouvoir arrivent vite, pour que je puisse enfin me montrer, lever la tête et cesser de gémir pour espérer passer une journée encore vivante... Je n'étais pas au bout de mes surprises...


VI- La promesse

C'était une des soirée les plus tristes de mon enfance, alors même que la gaieté n'était pas mon lot quotidien, ce soir là, j'avais pleuré comme quand père m'a parlé pour la première fois, la douleur avait été insoutenable, pire encore que ce que m'avait fait subir cet anneau de malheur à ma création : je ne pouvais apaiser cette souffrance et je crois qu'aujourd'hui encore, elle me dévore constamment.

Pourquoi a-t-elle voulu allé jouer au sable ce soir là ? Je me le demande bien. Elle savait qu'il n'y serait pas, il lui avait dit qu'il serait en retard. Mais sans doute avait-elle oublié, elle avait tendance à oublier beaucoup de choses. Elle se mit en tête de lui construire le plus beau palais qu'il n'avait jamais vu. Je la regardais faire, restant muette devant tant d'innocence... Pourquoi le simple fait de parler de palais me rendait si nostalgique ? On disait d'Ambre que ses tours d'ivoire se miraient à des centaines de kilomètres à la ronde malgré les montagnes et la forêt d'Arden, on disait que la cité était la plus belle chose qu'il était donné de voir en ce monde en dehors de ceux qui en sont à l'origine : les princes et princesses d'Ambre. Je n'en faisais pas partie, j'étais une seconde génération, mais, quand je me remémore le visage de père quand il ne se masquait pas... Oui... Ambre devait-être magnifique. Petite, offre lui ton château de sable, ça lui fera très plaisir je pense, je me chargerais de lui offrir le trône d'un monde, un Ambre encore plus majestueux que ce qu'avait créé mes prédécesseurs. Fais de lui un garçon heureux, je ferais de lui un monarque comblé.

Mais rien ne se passa comme prévu. Sans doute les autres avaient-ils vus que le grand Alister ne protégeait plus son poulain ? Ils revinrent à la charge, nous battant et nous écrasant comme à chaque fois que nous étions seules. Je ne ressentais plus de hargne contre ces gamins, je les pleurais presque cars ils finiraient par tomber sur plus têtu et plus vengeur que moi... Mais je sentis des masses malléables sous mon corps : Le château de la petite princesse à son cher et tendre prince. Je crois qu'à ce moment là, je ne su me retenir, j'avais pourtant fait tout mon possible, j'avais essayé de rester en stase mais mon pouvoir fuyait. Si ça continuait je réapparaîtrait ! Je n'étais pas prête, non ! NON ! Je ne veux pas ! Je vais mourir ! Je ne veux pas disparaître ! Je ne veux pas !

Encore une fois il nous a sauvé, j'ai eut beaucoup plus de mal à revenir à mon état initial tout de même, je n'avais pas eut aussi peur depuis de nombreuses années. Alister... Merci... je ne sais si tu es une fourmis formidable doté de pouvoirs ou un dieu déguisé... Mais même si tu n'en as pas conscience, même si tu penses nous avoir juste évité une bonne raclée, tu viens en réalité de nous sauver la vie. Je t'en serais éternellement reconnaissante, et je te revaudrais ça.

Mais hélas c'était sans compter sur ma petite princesse... Cette chère enfant. Du soulagement je suis passée à la torpeur. Sa poupée était cassée, ce n'était qu'une poupée enfin !!! On ne la lui avait attachée que parce que ça faisait plus "petite fille". Pourquoi faisait-elle tout un cirque pour cette chose insignifiante ? Mais il ne semblait pas du même avis que moi, si une poupée pouvait rendre le sourire à la petite fille qu'elle était, il la réparerait... Pire... si elle ne pleurait plus...

Il se lierait à elle...

Je n'ai jamais autant hurlé de douleur de ma vie. Sur le coup je crois bien que mon aura a surgit violemment alors que ma doublure accourrait vers ses faux parents. Pourquoi prenais-je ça pour de la trahison ? Pourquoi est-ce que je ressentais tant de peine et de tristesse pour ces simples mots ? Il n'était qu'un gamin ! Il avait dû entendre ça et s'amusait à le répéter non ? Alors pourquoi... Pourquoi est-ce que ça me faisait si mal ? Je ne pouvais laisser la petite s'en rappeler, même si le reste n'était que fioritures, je devais me débarrasser de cette toute dernière phrase. Était-il dangereux ? Les cours du Chaos recelaient de manipulateurs tous plus entraînés et aux physiques étranges les uns que les autres. Mais s'il était des leurs pourquoi ne m'avait-il pas encore attrapée ? Non... ce n'était qu'un simple innocent... un gamin... plus dangereux pour moi que la torture que promettait les deux clans réunis. Ma vision des choses changeaient à nouveau. Si j'étais supérieure, comment un être aussi faible que lui, un gamin, un humain parvenait-il à me faire aussi mal ? Je n'étais donc qu'un insecte pour lui ? Un simple mot avait suffit à me tuer pour un temps incroyable. Et pourtant... vous savez ce qu'il y avait de plus incroyable ? Mon corps ne pleura plus une seule larme depuis. Est-ce que je désirais que mon corps l'épouse ? Que ce soit moi ou elle ? Après tout, même s'il restait près de cette petite, même si j'avais mal, même si je ne serais jamais en vie, après tout... Je verrais toujours son sourire non ?

Pourquoi étais-je aussi fleur bleues ? Je ne suis pas une enfant ! J'était moi ! Je n'attendais rien du prince au cheval blanc, je ne voulais pas être une princesse de conte de fées... Je voulais juste... être moi. Quelle ironie.


VII- Les problèmes arrivent

Hélas le temps continua à tracer la route noire dans mon cœur. Elle avait beau avoir oublié, ils se revoyaient, encore et encore, je pouvais lire dans ses yeux toute l'attention qu'il lui portait... Je déteste ça. Je hais les être, je hais leurs sentiments, je les hais tout entiers !!! Je ne veux pas qu'il nous sourit, je vais me servir de toi pour arriver à mes fins, je te ferais plier ! je te ferais devenir aussi vide qu'elle ! Tu n'as pas le droit vermine de me toucher ainsi... Tu n'as pas le droit de me faire sentir humaine... je ne suis pas comme vous... je ne le suis pas.

J'entrais peu à peu dans cette logique étrange, oscillant dangereusement entre la folie, la colère et la tristesse. Je ne savais pas m'exprimer, ma bouche n'avait jamais sortit une seule fois ma vraie voix, ma vraie tonalité, personne n'avait jamais réagit à moi... Alors comment pourrais-je savoir comment agir ou réagir ? J'étudiais, j'observais, c'est tout ce que je pouvais faire, prisonnière de mes propres yeux, de mon propre corps, de mon propre sang. Mais mon accès de zèle avait déjà mis en route des puissances qui m'étaient inconnues. Le Chaos se réveillait et la guerre commença à faire rage. Mais la petite continuait de jouer, Corwin veillait toujours sur moi, de plus en plus inquiet.

Mais je crois que le vrai signal fut donné cette nuit là. Je ne sais plus pourquoi je ne m'étais pas mise en repos, la petite dormait à poing fermés dans son magnifique lit quand une odeur nauséabonde parvint à mes sens. Pourquoi cette odeur précisément ? Je ne sais pas, les données étaient trop convergentes pour être une simple coïncidence. Ce ne fut pas la futur reine qui se leva d'un saut, mais bien moi. Je ne pouvais pas rester là sans rien faire alors que ce que je sentais était pire que tout. Une troupe se mettait en marche, mais une odeur particulière y était : celle d'Alister. Pourquoi les jeune démons devaient-ils aussi participer à ces batailles ? La guerre faisait-elle tant rage au dessus ? Je ne pouvais résolument le laisser périr.

Mais quand j'arrivais, ils étaient déjà près des portes. Je ne savais pas si j'étais heureuse ou d'une tristesse à me couper le souffle. La seule fois où je le voyais de mes propres yeux... Il partait. Ne part pas... Ne part pas.

Mais qui étais-je pour le retenir, pour l'appeler ? Je ne devais être qu'une forme floue au loin. Ce n'était qu'un démon après tout... Mais s'il m'abandonnait ainsi, était-il le protecteur que je recherchais ? Non... Sans doute que non... Ce n'est pas lui que je veux voir. Tristement et lentement, mon aura se mit à régresser, je retournais au palais pour me recoucher, taisant totalement ma puissance pour sombrer dans la noirceur la plus totale.

Combien de temps suis-je restée dans cet état de décomposition morale ? Je ne sais pas. Mais je sais que mon échec eut bien plus d'incidence que je ne l'aurais jamais cru.

Quelques jours plus tard, la reine à l'extérieur de la cité, vers la montagne que nous n'avions jamais vue, pour lui faire oublier la perte de son ami disait-elle. Moi même je ne savais pas ce qu'il se passait à ce moment là et aujourd'hui encore je ne comprends pas tout à fait pourquoi ils m'ont déplacés. Mais je sais seulement qu'une fois sur la route, nous fument rejoins. Corwin, Bleys, Bénédict, Gérard et même... Non... ce Nabot au nez crochu moche comme un poux était vraiment mon arrière grand père ?!!! Dworkin ? Mais sur le moment je ne me suis pas permise de m'en émouvoir, la petite non plus d'ailleurs. S'ils étaient tous là, la crème de la crème, c'est que ce devait être grave. Et en effet... Ce qu'il se passa sous mes yeux fut d'une rare violence.

Les princes d'Ambre et leur géniteurs n'étaient pas très portés sur les guerres ouvertes, visibles et dévastatrices, ils manigançaient plutôt dans leur coin pour tirer meilleur partit de la situation et gagner des guerres avant même qu'elle n'ait fait la moindre victime. Mais quand ils n'avaient pas le choix, ils n'hésitaient pas une fraction de seconde. La tactique était élaborée, menée à la baguette par notre chef d'orchestre Bénédict. Il était de loin le meilleur escrimeur devant tous les autres malgré son bras manquant et avec tout ça il parvenait quand même à donner les ordres et le timing parfait. Ensuite venait Mon père, grand escrimeur qui avait pour lui le plus long des souffles. Il ne perdait pas de vigueur à mesure que les minutes passaient, et ses deux énormes épées comblaient assez bien le manque qu'il avait par rapport à son frère aîné. Gérard était d'un tout autre style, je l'aime beaucoup, c'est pour moi un grand nounours, le plus fiable de toute la bande, il sait qu'il n'est pas très intelligent, il n'a même pas peur de l'avouer, par contre gare à vous si vous tombez sous sa poigne, il a une force colossale, de véritables légendes existent sur lui. Enfin Bleys, le mage devait me protéger au centre de leur petit cercle, quand à Dworkin, le contrôler ou le rappeler à l'ordre relevait de la folie. Sous sa forme Chaosienne, il était inutile d'espérer le raisonner, mais à lui tout seul il fit bien plus de victime que tous les autres réunis et ce fut un miracle que nous n'en faisons pas partis.

Mais contre quoi se battaient-ils ? Des monstres, des envoyés du Chaos, je n'avais jamais vu des bêtes aussi hideuses, comment pouvais-je venir de ce genre de bestiole ? Étais-je si laide ? Peut-être était-ce pour cela qu'Alister était partit, il avait fuit... Peut-être m'avait-il finalement vue et avait sentit cette aura répugnante. Je ne devais plus penser à lui, après tout, là, une bataille sans merci et plus violente qu'une tornade s'abattait. Comment pouvais-je lutter face à ça ?

Ce fut la première fois que nous fûmes confrontées à l'horreur, au sang et à la tourmente. Pourtant, je parvenais à ressentir la douleur de nos ennemis au plus profond de ma chaire, comme si elle s'inscrivait dans mon ventre à chaque fois qu'un corps rendait l'âme, j'avais la sensation que leurs esprits convergeaient, qu'ils entraient en mon sein et s'y apaisaient. Me sentais-je trop coupable ou était-ce vraiment ce qui se produisait ? Je ne le sus jamais.

La bataille se calma, quand je parvins enfin à détourner les yeux de ce carnage ce fut pour constater l'étendue des dégâts. Là, tout autour de nous, la vie avait été annihilée, les arbres étaient coupés, brûlés, explosés, on aurait dit que le sol avait pourrit sur plusieurs centaines de mettre à la ronde. Voila pourquoi ils nous avaient fait sortir. Ne pas impliquer Nirnes, ne pas impliquer ma cachette. Mais avant même que je ne pu les remercier, père me décocha un violent crochet du droit.



Dernière édition par Lia le Sam 7 Fév - 22:07, édité 12 fois
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Lia

۞ Créature ésothérique ۞

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MessageSujet: Re: Lia [esclave surprenante]   Lun 9 Mai - 16:40


VIII- Retour à la réalité

Les mots qu'il me livra étaient emprunt d'une colère noire, il m’insulta de tous les noms dont il pouvait se souvenir dans son époque initiale. Je n'appréciais guère, c'est vrai, personne ne devrait être ainsi rabaissée mais hélas, je ne pouvais être que d'accord avec lui. J'avais honte, j'avais merdé. Non seulement j'avais accéléré les choses et signalé ma position, mais en plus pour un garçon en qui j'avais mis de l'espoir qui lui aussi a foiré. La marionnette qui me servaient de mère étaient morte, éventré. La petite princesse de Nirnes était tétanisée et ne comprenait rien. La pauvre, si je ne voulais pas avoir une personnalité de couverture totalement dingue je devrais sans doute effacer ce genre de souvenir.

Bon sang, pourquoi m'étais-je prise la tête avec ce genre de chose. Il était démoniaque, forcement il allait me décevoir, c'est ce qu'ils font toujours. Alors pourquoi m'étais-je mise en danger pour lui ? J'avais agit avec trop d'empressement, trop de témérité. Je voyais mon père se débattre pour m'en coller une autre qui serait amplement méritée, mais Gérard seul parvenait à le maîtriser. Il était aussi sans doute le seul à penser que j'avais droit à l'erreur. Il était gentil, mais il avait bel et bien tord même si j'appréciais l'intention de dédramatiser. Une longue discutions eut alors lieu, que devait-on faire de moi ? Devait-on me rapatrier à Ambre ? Devait-on "m'extraire" ? Je n'ai pas bien compris ce mot, mais je fus ravie que ça ne soit pas la décision finale, ça ne présageait rien de bon. Remarquez ce qui fut choisit n'était pas vraiment mieux. Dworkin se proposa pour m’entraîner, à me faire contrôler mes pouvoirs pour me défendre mais également à contrôler mon aura. A ses mots, tout le monde s'y opposa fermement, outré par une telle proposition, mais moi, au travers de ma doublure, j'acceptais, je refusais que cette situation ne se reproduise alors autant prendre le taureau par les cornes et suivre l'entrainement intensif que proposait le vieux. Je ne le savais pas à cette époque, mais ce choix me valut d'autres douleurs ignobles.

Au final ce fut un plan à grande échelle qui se mit en place. Je dû patienter plusieurs semaines avant que le coup d'envoi ne soit donné. J'avais effacé les événements de l'esprit de la petite, lui faisant alors croire que sa mère était partie à la guerre et était morte dans une embuscade. Oui ben même une princesse d'Ambre peut ne pas avoir beaucoup d'imagination pour les excuses bidons hein ! En attendant c'est tante Flora qui vint garder Aly. Faut pas croire. Certes c'est une blonde à la sexualité débordante, certains disent même qu'elle a les grandes maisons Chaosiennes dans ses petits papiers (ou entre ses cuisses) mais c'est elle qui m'apprit les rudiments de la politique et surtout, l'art de bien placer ses billes dans la société.


IX- L'entrainement

Quelques mois après l'incident, le signal arriva, je pus enfin commencer à amener ma carcasse au point de rendez vous. Bref, je ne vous dirais pas comment ce sont passées les retrouvailles avec son vrai père, car elle n'eurent jamais lieu, je me suis arrangée pour qu'elle le voit comme un homme doux, bon et attentionné. Pfff... Des fois j'ai des idées trop perchée. Comment ce rustre peut-être un père de conte de fées ? A croire que mes dons de mythomanie sont mon pouvoir le plus puissant.

Ils me menèrent bien plus loin sous terre, dans une pièce circulaire aux parois métalliques bleutés. Là, Bleys et Dworkin m'attendaient, j'en suspecte l'un d'entre eux de disposer d'une magie de téléportation, après tout le petit teigneux ne serait jamais passé inaperçu au sein de Nirnes, tout le monde connaissait son visage dans les troupes des enfers.

- C'est bon, ici tu peux te montrer, les murs devraient taire ta marque.

C'est vrai ? Je pouvais être moi ? Je me méfiais de ce petit bonhomme, il était louche et horriblement hideux. Mais au final, si père lui faisait confiance, c'est qu'il avait certaines raisons. Je n'eut pas a faire beaucoup d'effort et mon âme reprit enfin sa place. Je me sentais à l'étroit, comme rouillée dans ma propre peau, mon regard se posa un instant sur ma famille, sur mon clan, ce regard plus sombre et froid que les ténèbres. Pour je ne sais quelle raison, cela semblait les rendre fiers et attiser leur curiosité. J'entendais Bleys se moquer de mon père "T'as vraiment fait un beau brin de fillette, t'es sur qu'elle est de toi ?" Gerard, ne comprenant pas vraiment la douce ironie de mon oncle répliquait que ce n'était pas gentil de dire ça et qu'on voyait tout de suite que j'étais la même tête de mule que lui. Bénédict restait silencieux, tournant autour de moi comme pour chercher les changement, tester mon acuité visuelle, mes réactions, observer mes capacités musculaires et que sais-je encore.

Mais ce ne fut pas le plus important, des jours durant, ce ne fut pas mon arrière grand père qui me forma, mais père et mes oncles. Sans doute pour me consolider et éviter que je ne meure face au plus puissant d'entre nous. Je ne comprenais pas pourquoi ils étaient si violents, si exigeant envers ma petite personne haute comme trois pommes, pourquoi devais-je apprendre le maniement de l'épée lourde, le maniement du sabre, le fouet, le pistolet ? Pourquoi devais-je apprendre les stratégies de guerres pour mener des rangs de milliers d'hommes à la bataille ? Pourquoi devais-je étudier les plans de machines de guerre, de mécanismes, de mécanique ? En quoi est-ce que ça allait développer mes pouvoirs. Pourtant plus le temps passait, plus je gagnais en réflexe, et heureusement, car aucun d'entre eux ne m'attendait, des poings ils étaient passés à l'épée de bois, puis à la lame émoussée, puis à la vraie épée. Aucun d'entre eux n'usa de leur arme de prédilection, je n'avais pas encore le niveau et Dworkin avait déjà eut à me recoudre plus d'une fois.

Mais le vrai entrainement ne survint que quelques temps après, quand mon niveau de défense non magique fut respectable, quand mes muscles purent résister un minimum à ce qui allait s'ensuivre.


X- Le pouvoir

Peut-être que ce chapitre de ma mémoire vous paraîtra très abstrait, en réalité c'est seulement que je ne peux expliquer en détail tout mon potentiel.

Comme je le disais ce n'est qu'au bout de plusieurs années que je pu commencer enfin mon apprentissage de la magie. J'étais devenue une jeune fille à part entière et je ressentais enfin les prémisses de ma puissance. Mais je n'étais rien face à Dworkin... et ça il me le fit vite comprendre. Dès que je faisais une erreur, il se mettait en colère et reprenait peu à peu la forme titanesque qui lui est propre, combien de fois sa main griffue m'a déchirée la peau, combien de fois fus-je mise à terre en contemplant le sang couler de mes plaies ? Je ne sais plus.

Je me souviens encore de mes premiers exercices de transformation, pour ce qui était de donner une forme à mon propre sang, certes j'ai eut beaucoup de difficultés mais j'y suis parvenue sans grand dommage. Non le plus difficile fut pour les objets créés par autrui. Un cailloux à transformer en statuette, une fleur à métamorphoser en insecte mort. "Concentre toi" me disait-il "Cherche à réorganiser toute leur substance, paramètre leur densité, leur structure, leur composition et..." BOOOM !!!! Ça explosait à chaque coup. A chaque fois je sentais sa griffe s’abattre dans mon dos, je sentais la chaleur de l'acide sur ma peau, je m'entendais hurler de douleur, résonner sur les parois avant d'entendre la voix caverneuse me redire pour la énième fois consécutive : "Recommence... et fais le correctement cette fois."

Au bout de plusieurs jours, mon dos était tellement lacéré que la cicatrisation ne parvenaient plus à faire disparaître les marques, j'étais épuisée, j'avais chaud, j'avais faim. Mon visage était constellé de marques de suies, de bouts de pétales, de saletés diverses et variées. Assise devant ma table d'étude, je profitais de quelques instant de répit pour me reposer, vidée de tout et incapable de produire le moindre effet magique. Mon professeur semblait attendre quelque chose... Mais quoi ? Ça ne me disait rien qui vaille. C'est Flora qui le lui amena, sa vision me fit frissonner et je me jetais sur lui avec ce qui me restait de force. Il se soucia à peine de moi, me renvoyant au tapis avec une facilité déconcertante, mon regard devait lui exprimer toute la colère que je pouvais ressentir au travers de mes yeux vitreux, lui, il devait bien me trouver pitoyable à son gout. Devant mes yeux il balançait une petite poupée empalée d'une épingle à nourrisse.

- Rendez la moi immédiatement !

Un nouveau coup de pied vint me faire taire, me faisant rencontrer les murs arqués dans un bruit sourd et un cri contenu. Comment se permettait-il de toucher à ça ? Elle était à moi ! Je l'avais cachée bien loin des regards, je l'avais presque oubliée exprès pour qu'on ne la trouve pas... Alors pourquoi la brandissait-il devant moi maintenant ? D'un pas lent, il la déposa précautionneusement sur mon bureau, m'invitant à nouveau à m'installer. Si je refusais... il la déchiquetterait, je commençais à le connaitre ce monstre, mais si je tentais une transformation sur elle, je risquais de la faire exploser ! Il y avait trop de matières différentes, du métal, de la rouille, du coton, de la soie... Non il y avait vraiment trop de choses, jamais je n'y arriverais. Je vis sa main approcher devant ma réticence, mais au lieu de toucher à mon précieux petit souvenir, souvenir d'un échec, souvenir d'une émotion, sa griffe rencontra mes phalanges, posées en protection devant ce petit tas immonde de tissus mal cousu.

- J... Je vais le faire... D'accord...

Fis-je sans pour autant montrer d'émotions directement. Je sais ce qu'ils sont, j'avais déjà fait preuve de trop de faiblesse pour ce simple événement, je n'allais pas lui faire l'honneur de pleurer ou de l'implorer. Posant mes mains dessus, je fermais les yeux en tentant d'oublier les douleurs de mon corps. Je devais réussir, je devais sauver cette chose. Mais pourquoi ? Je mis trois jours, sans manger, sans boire, sans dormir... Sans perdre le filin de ma concentration. Je ne voulais pas faire foirer cet exercice, non... pour moi ce n'était plus un exercice, c'était bien plus. Je prenais mon temps, analysant au fond de mon esprit chaque base, chaque composante, chaque poussière. Enfin, j'ouvris les yeux, sous mes mains, ce n'était plus cette petite poupée que je voyais, mais une magnifique pierre bleutée. Étrangement, il avait été plus facile de la modeler que de la désassembler. Souriant alors je relevais les yeux... vers l'obscurité la plus totale.

Quand je me réveillais, c'était la reine de Nirnes qui avait reprit le contrôle de notre corps. Elle semblait malade, comme si elle m'attendait. Brave petite, tu m'es réellement fidèle à ce point ? Non... tu est un simple drap qu'on pose sur une cage.

Mes séjours au lit devenaient de moins en moins fréquents, je perdais toujours beaucoup beaucoup d'énergie mais il fallait croire que c'était à force d'entrainement que je parvenais à me développer. Parfois, pour couper un peu mon entrainement radical, Bleys me faisait des cours et des entraînements pour apprendre à calmer mon aura, à passer inaperçue tout en gardant le contrôle de mon corps. Il apparut bien vite que les émotions étaient à la fois ma source de réussite, ma source de puissance mais également ce qui pouvait me contrôler et me réveiller. Mon plus gros défi était alors d’apprendre à trouver le juste équilibre.

Les entraînements avec Dworkin devinrent de plus en plus violents, très conflictuels au départ et peu à peu je parvenais à marcher dans sa combine pour ne plus réagir au quart de tour. Je l'avais vu prendre les deux chatons que j'avais adopté, pour avoir un peu de tendresse sans doute, je l'avais vu les scarifier pour m'encourager à apprendre l'incassabilité transférée, j'avais dû supporter de voir leur pâtes amputées, fracturées, parfois même de les voir à l'agonie pour m'apprendre à maîtriser la réparation... Non... ce n'était pas une partie de plaisir. Je me félicitais de ne pas avoir d'amis, tout ceux que j'aurais pu aimer y serait passés. Par chance, ils ne semblaient pas avoir mis la main sur Alister... Pourquoi pensais-je encore à lui ? Allons allons, ce n'était qu'un lointain souvenir, le seul ami que nous n'ayons jamais eut.


XI- L'exil

La vérité c'est que j'étais bonne élève, je sais qu'il me cachait des choses car ma courbe de progression ne pouvait-être aussi fulgurante. En quelques années, j'avais dépassé Bleys au même age que moi, j'étais même parvenue à vaincre mon père sans Grayswandir et Werewindle évidement. J'étais une princesse d'Ambre et une héritière du Chaos, mais ça ne justifiait pas que je puisse ainsi rivaliser, à l'aube de ma vie, avec les héros de mon clan. Ou peut-être leur puissance n'étaient-elles que des rumeurs ? Après tout les Ambriens étaient plus doués avec des mots, des complots et des courbettes qu'avec la meilleur des lames. Un poison, voila ce qu'ils étaient. Les ombres recommencèrent à bouger, chaque jour ils me disaient que le Chaos se faisait plus puissant, que bientôt, le faible nombre d'Ambriens ne pourraient plus contenir les hordes qui s'abattrons sur les territoires neutres. Je devais faire un choix. Soit je trouvais un moyen de me protéger contre leurs armées, soit quand le délais sera écoulé je serai renvoyée à Ambre, de gré ou de force.

Cette dernière solution ne me convenait vraiment pas, je devais trouver un moyen de protéger les territoires neutres avant que ce calvaire ne s'abatte et ne me prive à nouveau de ma liberté. Mais en attendant, je devais faire des concessions. Ce n'était pas en restant comme ça que je trouverais comment fonder mon nouveau clan, ce n'est pas ici que je trouverais les protecteurs qu'il me faut. Je décidais alors de faire de Nirnes l'épicentre de ma sécurité, je changerais à tout jamais le monde en partant de là. Et quoi de mieux que d'offrir à ces bêtes des armes dignes d’Excalibur ? Je finis par en créer une centaine sur le temps que dura la guère, certaines devinrent légendaires, on racontait que même un humain pouvait trancher un ange en deux en les maniant. Vrai ou faux ? Je ne le dirais pas. Mais ce qui s'en suivit ne me plut guère.

Alors que les batailles semblaient tourner en faveur des démons, un groupe revint à Nirnes sous le commandement de leur nouveau général... Bien que les yeux de la reine n'en laissa rien paraitre, je m'assombris au fin fond de mon corps. Ce commandant... il n'y avait aucun doute possible : Alister.
Froide et distante, j'avais pourtant envie de sauter hors de mon trône si froid pour venir, au choix, le dévorer après l'avoir étripé ou simplement l’enlacer, soulagée de le revoir. Mais cela était hors de question. Il mit genoux à terre, prononçant d'une voix puissante qui me fit trembler.

- Votre majesté, le commandant Pawel étant tombé au combat, j'ai pris sa suite et pour vous, nous avons gagné la bataille du nord.

La reine se leva avec toute la prestance que lui permettait ce corps humanoïde, répondant d'une voix tout aussi forte quoi qu'empreinte d'une douceur non calculée.

- Commandant Alister, soyez accueillit en héros dans votre cité natale, trouvez ici le temps que vous avez mérité, ce soir, vous et votre garde serez à l'honneur.

Une grande clameur s'empara de la nef, les démons exultant à l'idée d'enfin festoyer comme il se devait. Mais le commandant reprit la parole, faisant ainsi taire lentement même les plus mal-élevés.

- Je crains cependant de ne pouvoir accepter, car si j'ai désiré revenir victorieux de cette guerre, ce n'était pas pour la boisson ou même une pièce de viande. Je suis venu vous demander si vous me feriez l'honneur de faire faire de moi votre roi.

La foule resta muette pour la première fois en trois-cents ans. Les regards se posaient alternativement sur ce fou et sur mon visage médusé. Il... revenait pour se lier à moi ? Tout comme il l'avait promis ? Non. Il revenait se lier à cette reine idiote, non à celle que j'étais vraiment, cet enfant gâté qui pleurnichait sans arrêt. Comment osait-il faire cela ? Pourtant, un conseiller s'avança.

- Peuple de Nirnes ! Nous avons un géniteur !

La foule hurla de plus belle, des bagarres explosant de toutes part, des manifestations de liesses qu'il n'était possible de vois que là, chez les démons. N'avais-je pas mon mot à dire ? Les conseillers semblaient tous ravis, certains plus que d'autres et je m'attendais bien à ce que cela ne présage rien de bon.

Je m'y attendais, plusieurs de mes sujets avaient déjà tenté d'user de ces présents pour me détrôner et à chaque fois, ils avaient subit une violente défaite. La colère avait finit par grandir en moi alors que je désespérais d'avoir des idiots et des incapables à mon service, dénués de toute loyauté ou même de reconnaissance. J'avais le sentiment que malgré ce don d'armes, nous ne parviendrons pas à gagner la guerre sur terre. Et j'avais raison. Pourtant, notre armée avançait, se faisant plus oppressante de jour en jour mais, hélas, je suspecte un membre d'un de mes clans d'y avoir mis sa touche personnelle.

Et cette personne était Mazym Van Kraüs, une de mes conseillères, une des plus détestables de son espèce. Je ne sais encore si elle était au service des Sawals, des Helgrams, des Hendrakes ou même d'Ambre, ou simplement si elle avait subit une conjuration, une manipulation.

Le jour de mon mariage, nous avions tous deux été préparés à l'office, affublés des plus beaux vêtements possibles. Nous fumes mariés puis à nouveau séparés jusqu'au soir fatidique, soir où nous étions censés procréer pour la première fois le futur roi ou la futur reine de Nirnes. Quelle blague ! Oh ! Je n'étais pas censée être là moi ! Ce n'était qu'une couverture après tout ! Et je n'allais pas me laisser déflorer par un amour d'enfance disparut qui revenait comme une fleur au bout de plusieurs siècles ! J'étais une princesse d'Ambre enfin ! Pas cette reine de pacotille dirigeant une bande d'attardés chaotiques ! Qui plus est je ne le laisserais pas souiller mon corps en restant passive ! Non pas que je veuille être celle qui sera dans ce lit, non loin de là, mais il était hors de question que je joue cette comédie plus longtemps. Merde à la fin ! Où étaient mon père, mon oncle ou même ce salaud de grand père quand nous en avions besoin ! Au secours les mecs quoi ! Aidez moi !

Mais il n'eurent pas à venir me secourir, là, dans la suite royal, je compris bien vite que quelque chose n'allait pas. Ses yeux étaient devenus vitreux, son teint pâle, son regard morne. Je m'approchais, inquiète de savoir si c'était le stress de la première fois - bien que je doute qu'il n'ait pas eut de conquêtes sur terre - qui le rendait ainsi, mais il se recula violemment, manquant de détruire un magnifique vase ming posé sur ma table de chevet.

- Ne m'approchez pas !

Je reculais un instant, les sourcils froncés d'incompréhension. Hey mon coco, c'est toi qui a voulu être là hein ? Alors fait pas ta sainte ni touche... Attendez un instant... Non mais non ! Pourquoi me disais-je cela alors que je voulais y réchapper ? Je restai alors silencieuse attendant qu'il calme sa respiration. Il retentit d'un rire diabolique, je portais alors ma main à ma seule arme, une pince à cheveux. Vous pensez que c'est inoffensif ? Grave erreur lorsque cela vient de moi. Puis il se calma à nouveau.

- Majesté je suis désolé, j'espérais tant mais... Je ne pourrais pas.

Je m'apprêtais à l'interroger, blessée dans mon égo mais il continua.

- Je crois que quelqu'un veut votre mort... par mon intermédiaire. Je sens ce poison dans mes veines.

Il laissa un silence, le temps de reprendre à nouveau son souffle et ses esprits.

- Je vous en conjure, laissez moi faire une dernière chose en temps que votre roi, en temps que votre époux, laissez moi mourir de vos mains.

Peu à peu, les informations prenaient place dans mon esprit et avec ça, une colère sans commune mesure prenait place dans tout mon corps. De qui était-ce l'oeuvre ? Dworkin ? Ce fou sadique n'aurait pas hésité un seul instant, Bleys ? J'avais sentit dès le début qu'il n'était pas clair. Mon propre père ? Après tout lui non plus ne devait pas vouloir que je finisse en cloque mais à ce point là ? Ou peut-être était-ce l'oeuvre d'un pion encore anonyme... Je ne vous dirais pas comment j'ai accédé à sa requête, je l'ai simplement tué, rapidement, n'entendant qu'un vague "merci" perçant ses lèvres. Mais à présent, j'étais furibonde. Je sortis alors de mes appartements me dirigeant vers les portes du palais. Bientôt, les hordes de Nirnes clamaient d'une seule voix devant les portes, brandissant leurs jouets que je leur avais gracieusement offerts. Je ne sais qui dans les rangs d'Ambres aurait intérêt à me voir tomber, mais il sera traité en traître le moment venu.

En attendant j'étais seule dans l'antichambre du palais, me demandant bien comment tout ceci avait pu se produire. Je pris une profonde inspiration avant de me retourner, faisant alors face à celle qui avait rendu tout cela réel : Mazym. Son œil torve ne me faisait plus le moindre effet depuis que j'avais grandit, mais en cet instant précis, il me donnait seulement envie de la massacrer, l'éventrer, la jeter au fond d'un cachot pour revenir plus tard recommencer.

- Pourquoi ?

Demandais-je d'un ton pesant de neutralité, elle y répondit en haussant les épaules.

- Parce que c'est ainsi que tout fonctionne.

Une réponse vide pour une question qui n'avait pas lieu d'être, je me transformais alors, la prenant en chasse au même moment ou elle ouvrait grand les portes, laissant alors se déverser une marée de démons se ruant sur moi. Mon premier geste en temps que fausse souveraine décadente fut de pousser un rugissement raisonnant par delà les boyaux morbides de la cité, les échos se propageant dans tous les sous-sol. Les armes que j'avais fait pour eux tombèrent en flaques vermeilles, le sang comme s'il n'avait jamais été modifié. Ce fut là que les choses se gâtèrent, non pour moi, mais bien pour ces malotrus qui avaient eut l'idée de sauter sur mon dos pour tenter de me lacérer à coups de griffes, de dents, de poignards. Je les dégageais avec une violence sans commune mesure, tout ceci ne ressemblant plus vraiment à la reine qu'ils avaient toujours connue. Mes griffes sarclaient dans la foule, laissant choir des cadavres au hasard. Au cour de cette bataille que je pouvais remporter sans nul doute possible, je perçus un être plus loin, là, dans un coin du bastion, observant. Seulement observant dans toute cette pagaille. Cela ne pouvait pas être une coïncidence. Je ne connaissais pas son odeur, Chaosien ou Ambrien, je ne le savais pas mais une chose était alors claire à mon esprit : c'était lui qui avait tout manigancé !
Sautant d'un bond par dessus mes assaillants, en écrasant certains sous mes pattes, j'accourais vers lui, gueule béante pour le happer. Mais au lieux de cela, il esquiva rapidement, pour avoir de tels réflexes, nul doute qu'il n'était pas un dégénéré comme tous les autres, non, il faisait partie de la crème. Sa lame s'abattit sur moi, ne me laissant pas le loisir d'y songer plus longtemps alors que mes griffes venaient parer l'attaque. Je sentais le sol trembler, les hordes revenant au pas de course pour m’occire. Si j'avais été en un contre un j'aurais peut-être pu le vaincre, mais là, entravée par mon propre peuple, je ne pouvais pas lutter efficacement fussent-ils des fourmis insignifiantes. Le combat était déloyal et je reconnaissais bien là les clans dont j'étais issue, après quelques coups de pattes efficaces, je m'étais rapidement retrouvée lacérée aux flancs et aux bras. Un repli stratégique s'imposait, tant pis pour Nirnes, tant pis pour mon point d'ancrage, je devais partir. Le mot "fuite" était proscrit, mais il faut pourtant avouer que c'est bien ce que j'ai fais, m'exilant toute seule de ce monde où j'avais pourtant grandit, où je me pensais pourtant en sécurité.

Une fois à l'air libre, je constatais les ravages fais par la guerre, une terre sans vie, apocalyptiques comme le décrivait les anciens écris, du moins de manière euphémique. Je me hâtais alors de m'éloigner de cette cité devenue folle, me posant une centaine de kilomètres plus loin dans une grotte sombre. Là, une fois au calme, je me mis à réfléchir. Qui pouvait donc bien être cette silhouette ? Pourquoi me chasser de la cité ? S'il avait été chaosien, sans doute aurait-il attendu d'avoir de vrai renforts et non ces idiots consanguins, du moins s'il ne pouvait déjà pas me capturer seule. Peut-être avait-il simplement fait une erreur de jugement, pensant que je serais une proie facile et que cette simple débandade aurait suffit à me faire perdre les pédales... Hum... Je n'y croyais pas, père ne m'aurait jamais autant mise en garde contre des être aussi faibles. D'ailleurs, où était donc passé celui ci ? Ma famille n'avait pas été là, elle ne m'avait pas protégée de ce dénouement abrupte. Était-ce leur oeuvre ? Pour me faire comprendre que je ne devais pas compter sur les autres pour me garder en vie ? Possible, leurs leçons étaient souvent mise en forme par une intervention du destin. Comme ils disaient : la réalité nous rattrape toujours. J'avais toujours pensé qu'ils parlaient d'Ambres, qu'il était impossible de se cacher d'eux mais au final, c'était peut-être moins recherché comme allégorie. Mais la réalité était dure à avaler : j'étais seule, et je le resterais.

Mais soit, le monde était dur, alors j'agirais en conséquences.

J'entrepris de créer plus de choses, non pas des armes, mes barrettes à cheveux me suffisaient amplement, je préférais des compagnons, des boucliers, des choses qui avaient l'air inoffensives au premier abord mais qui seraient pour moi source de salut. J'avais le souvenir de ces anciens écrits, un jeu antique fait de cartes, les récits disaient également qu'il pouvait prévoir l'avenir. Je trouvai ça ironique et choisit donc de me baser dessus. Il faut dire que je n'avais pas beaucoup de choix, les choses ayant de l'importance pour moi étant tabou au final.

Les jours passèrent, plus je créais de choses plus ma tête était douloureuse, les voix ne cessaient de l'envahir et je sentais peu à peu ma conscience sombrer dans la folie. Ce lien était horrible, c'était tant le bazar que je m’emmêlais les pinceaux et que je me retrouvais perdue au milieux de tous ces fils. Combien de fois avais-je dû faire des haltes plus longues que prévues pour réorganiser tout ça. Exploser... ma tête allait exploser.

C'est au fil de ces voyages que je développais mes capacités, j'en apprenais des nouvelles, passant alors de simple recherches métaphysiques à réalités.


XII- Les voyages forment la jeunesse.. ou pas...

Mes pas me menèrent de bout en bout de cette ombre déserte, une terre ravagée par les désirs de deux races supérieures. Je mangeais ce que je trouvais, salivant et me délectant d'un cadavre encore charnu quand j'en trouvais un. Il y avait quelques rares choses qui avaient survécus ou qui étaient entré en stase, mon ventre criait famine à mesure que les jours passaient et je devais constamment me déplacer pour espérer de pas mourir de fin avant la saison suivante. J'avais choisis de reprendre forme humaine, ce petit corps ayant bien moins d'appétit que l'autre. Mais une transformation serait dangereuse, nul ne savait encore comment je pouvais réagir à cette douleur mêlée à la faim. Peut-être exploserais-je ? Peut-être mourrais-je ? Qui sait, je ne voulais absolument pas tester.

La faim et la soif n'étaient cependant pas les deux éléments qui me tracassaient le plus. Je croisais parfois des être étranges, certains ne semblaient pas me voir, d'autres ne voyaient que moi. Je savais qui était nos informateurs, je connaissais leur code et savait décrypter leurs phrases plus tordues les unes que les autres. Je n'arborais non pas mon propre insigne mais celui de père, la rose d'argent, remarquez mon symbole en découlait directement : Noir bleuté et argent étaient ses couleurs, et vue notre physique, il aurait été difficile de douter de notre affiliation.

Je rencontrais alors peu à peu certains membres plus ou moins recommandables de notre clan, d'autres étaient des serviteurs de ceux là car il ne faut pas penser que les princes ont tous l'humilité de se déguiser en mendiant pour venir parler à la petite protégée. Autant envoyer de la piétaille. Je crois d'ailleurs, que l'un d'entre eux m'a trahis plus tard... Il s'appelait Luc, je l'ai rencontré dans une petite ruine du sud. Il était plus vêtu en voleur qu'en mendiant, mais portait l'insigne de Bill, l'avocat. Oui, car au milieux de tout ce foutoir Ambre c'était mis à la justice et à la paperasse, décidément, ils ne faisaient rien dans l'ordre.

Je persistais à me méfier, son regard était trop semblable au mien pour être sincère, trop sombre, trop seul. D'un simple mouvement de tête il m'invita à le suivre dans une ruelle, je détestais ça, ne pouvait-il pas parler comme tous les autres, ou son jeune age lui avait-il empêché d'apprendre notre langue si particulière ? J'oubliais parfois que les humains n'avaient pas le même cycle d'adaptation. Son regard était des plus gênant, il faisait une tête et demie de plus que mon corps et sa hargne transpirait par ses yeux, il me regardait de haut et je n'aimais vraiment pas ça.

- J'ai été envoyée pour vous escorter jusqu'à un point sécurisé, il semblerait que les forces chaosiennes se soient retirées de cette partie du monde et le clan désirerait vous savoir là bas.

Me fit-il à voix basse. J'avoue que je n'aimais pas qu'un homme se rapproche autant de mon visage, je n'aimais pas sentir son souffle sur moi à chacune de ses paroles. "Ton nom." Lui demandais-je sur le même ton froid que le sien. Grimaçant, il se redressa et tourna les talons.

- Luc... Dépêchons nous.

Je sentais bien que je ne lui plaisais pas, pas physiquement j'entends, mais mon statut ne lui plaisait pas. C'est vrai, j'oubliais parfois que le statut d'humain était sujet à controverse pour nous, certains les voyaient comme des rampants, des sous-fifres, des moins que rien pour s'essuyer les pieds, d'autres voyaient en eux des créatures courageuses qui voyaient leur moindre force comme un cadeau fabuleux. Et moi dans tout ça ? Hun... Je ne répondrais pas... Dites vous simplement que j'aime les moins que rien... Il me mena en forêt, l'ambiance était des plus sinistres entre nous. Bof, qu'est-ce que je m'en foutais moi ? Je n'étais pas là pour me faire un ami. De là où j'étais, je pouvais contempler son dos, sa chevelure. Il semblait puissant et rapide pour un humain, ses mains ballantes semblaient finement taillées et trahissaient avec ses épées courtes un style de combat discret et fluide.

Dommage, dans d'autres circonstance il aurait pu postuler pour être un de mes gardiens, mais là, vue son attitude et vue que je n'avais pas confirmation de ses habiletés, je ne pouvais décemment pas l’enrôler. Trop dangereux. Soudain un frisson me parcourut l'échine, je n'eut pas le temps d'y réfléchir à deux fois et sautait sur le jeune homme, le propulsant à terre dernière un roc. Les Chaosiens... Ils nous avaient repérés. Un petit escadron semblait-il... Trois... quatre tout au plus. Je l'avais protégé de mon propre corps l'espace d'un instant, le temps de le mettre à couvert et de pouvoir moi même répliquer. Non je n'étais pas en colère, il ne représentais rien pour moi sinon un guide... Et un innocent inférieur. Il n'avait pas le droit de mourir dans cette attaque qui m'était destinée, simple question de principe mais pas suffisante pour me faire sortir de mes gonds.

D'un mouvement gracieux pareil à une danse, je retirais les barrettes à cheveux de ma tête, se modelant rapidement en deux flingues. Les projectiles empoisonnés que me lançaient ces créatures étaient trop prévisible et je les esquivais sans grande difficultés. Étrange non ? Oui... très étrange, je ne pense pas avoir progressé autant alors pourquoi ne visaient-ils aucun de mes points vitaux ? Vivante, je ne voyais que ça, ils me voulaient vivante. La bataille faisait rage, une fois que j'avais vérifié mes pensées, le combat fut bien plus rapide. S'ils ne désiraient pas me tuer, je n'avais pas à faire attention à mes organes vitaux, je pouvais donc d'une part compter sur mes enchantements mais également m'en donner à cœur joie pour abattre ces pourritures. Mes ciseaux passaient d'une forme à une autre en une fraction de seconde, à peine l'un d'entre eux parvenait au corps à corps qu'il se retrouvait empalé sur une épée. J'étais fière de moi, je dois l'avouer, mais j'aurais tant aimé être fière de moi pour autre chose que ces engins de morts.

Le calme revint, une fois les corps tombés à terre mon premier réflexe fut de tendre la main à mon guide. Je crois qu'il me détestais encore plus. Non seulement il me haïssait mais en plus je venais de lui sauver la mise. Avait-il honte ? Sans doute. Son regard foudroyant ne me lâcha pas pendant que je lui demandais poliment de m'aider à nettoyer, ces corps ne devaient pas être gâchés. Nous continuâmes alors notre route, tendus et alertes. Jusqu'à ce qu'il s'arrête brusquement, se tournant vers moi pour me plaquer contre un arbre. J'allais le tuer, mon arme était braquée sur lui et seul mon instinct le sauva... me sauva. Ses lèvres s'étaient rapprochées de mon oreilles pour y glisser quelques mots, je le sentais vibrer, je le sentais fou de rage et d'amertume.

- Coupez à travers la forêt, il n'y a pas ce que vous recherchez... Je me charge de les tenir... Je n'aime pas les dettes.

Des mots qui pour vous semblent décousus et qui pourtant me paraissaient clair comme de l'eau de roche même s'il me faisaient pâlir de fureur. Alors comme ça il m'aurait trahit si je ne lui avais pas évité un projectile ? Fourbe, misérable humain à la loyauté... ... Non... C'est vrai, le simple fait qu'il me prévienne de sa mission pour me piéger était une forme de loyauté, tardive certes, mais bien réelle. Je ne me privai pas de me saisir d'une de ses mains en lui répliquant d'un ton autoritaire

- Pas question. Un humain n'a pas à se...

Cette fois ci il ne me laissa pas finir ma phrase, et c'est sa lame que je du esquiver avec précipitation, heureusement qu'il n'avait aucune intention néfaste sinon j'aurais pu être blessée. Je prenais ça comme un refus, surtout une crise d'orgueil je pense. Nous n'étions pas du même monde, nous n'étions pas de la même espèce. J'étais son ennemi, j'étais son supérieur, il ne voulait pas de ça. Que pouvais-je faire ? Je ne pouvais lui interdire de mourir pour une dette de sang ? Je ne pouvais pas non plus lui en vouloir. Je ne pouvais lui lancer qu'un regard gratifiant avant de repartir dans les ténèbres de la végétation environnante. Luc... C'était ça ton nom ? Je ne connaissais trois fois rien de toi mais je sais une chose, ta valeur perdurera. Quelques temps plus tard, je ne pu m'empêcher de lui rendre hommage. Je ne l'aimais toujours pas. Mais il m'avait enseigné bien plus de chose que vous ne pouvez l'imaginer.

Je rouvris mon tarot encore naissant, bien scellé dans une poche de vêtement volé à une dépouille. Hum... Je n'avais pas les as, je me remémorais lentement ce que je savais de lui, Luc... Je voulais que son symbole me rappelle sa loyauté, qu'il colle avec la vitesse que j'ai cru percevoir dans ses mouvements de simple humain. L'as de carreau, le plus régulier des symboles de ce jeu, symbolisant la foudre. Je recréais alors son corps, ses vêtements, son visage, son caractère de merde, contenus dans une seule petite carte. Je lui offris également deux autres formes, sans doute pour ne pas être en compagnie d'un visage humain, avant de reprendre la route vers mon éden.


XIII- Nouveau professeur... étrange.

Mes certitudes ne cessaient peu à peu de s'effriter, je devenais une jeune ambrienne dont la puissance semblait amuser mes pairs, ils disaient que tout semblait facile pour moi, qu'ils donneraient tous cher pour avoir mes capacités. Voyez ça comme un compliment si vous le désirez, moi je voyais ça comme une menace, je sais que la famille n'est qu'une notion de pouvoir, le nom d'une race au final, mais je sais également que si je suis incapable de me défendre je pourrais bien me voir disséquée et revendue en pièce détachée si ça s'avérait plus rentable que de me laisser évoluer. Et le pire, c'est que je sais très bien que je n'y verrais que du feu si cette manœuvre était faite par les "bonnes" personnes.

Le besoin d'un protecteur se faisait de plus en plus pressant, mais comment trouver un être capable de me sauver dans ce désert ? Je ne comptais pas perdre espoir mais tout de même, c'était de l'ordre de l'impossible. J'étais forte seule, certes, mais il semblait que le destin s'acharne à me prouver que j'étais impuissante.

Une nuit de pleine lune, une voix s'insinua à mon esprit, elle ressemblait à celle de père, en plus jeune et plus... vivante. Père semblait toujours être neutre ou énervé, celle ci paraissait plus amicale plus claire. J'aurais dû voir qu'il s'agissait d'une entourloupe, j'aurais dû m'en douter, mais au final, je n'ai rien fait. Un simple cercle doté d'une grande puissance magique se dessina dans ma tête, une sorte d'anneau de fumée, semblant parfois devenir plus solide. Qu'était-cette chose ? Il se présenta sous le nom de Spectre...

- Auriez vous l'obligeance de me dire qui vous êtes réellement et surtout... comment vous êtes entré dans ma tête.

Lui demandais-je avec le ton le plus soutenu que je pouvais. Je sentais bien qu'il n'était pas à prendre à la légère, une vague Chaotique l'entourait, mais aucune agressivité ou même du danger, je sentais cependant cette puissance incroyable qui me faisait peur. Comment une telle chose pouvait exister ? Ce n'était qu'un rêve hein ? Rassurez moi. Mais il fallait croire que non, que cette chose était bien réelle et surtout, était non seulement rentrée dans ma tête impunément mais en plus refusait que je ne me réveille. Bon sang !

- Oh ne t'en fais pas, je ne reste pas, c'est mon "père" qui m'a demandé de te porter un message et de me pavaner devant toi... Il parait que ça pourrait t'aider.

A ces mots, je m'étonnais. Quel... langage étrange, il me tutoyait comme ça, semblait plus amusé qu'autre chose et surtout... En quoi est-ce que cette putain de bague intangible pouvait bien m'être utile ?! Et depuis quand un truc parcouru de l'énergie Chaosienne pouvait bien être un cadeau. L'anneau s'agita en poussant un semblant de rire amusé.

- Oula oula, t'emballes pas. J'ai jamais dit que j'étais un cadeau, je ne reste pas.

Mais alors que me voulait-il ? Intérieurement je m'énervais sans pour autant être irrespectueuse, si je savais bien une chose c'était qu'il ne fallait pas brusquer ou même insulter les choses à l’énergie débordante. L'anneau continua alors à tourner autour de moi comme pour que je l'observe, que pouvais-je faire d'autre ? Je ne pouvais pas fuir, je ne pouvais pas le quitter du regard de peur qu'il ne m'abatte dans le dos. Plus je me question plus je voyais en lui des choses étranges, comme s'il n'était que le reflet de son véritable être, comme si en réalité son vrai "corps" n'était pas là.

- Vous allez me livrer ?

Demandais-je alors, s'il venait réellement des cours, je ne voyais aucune autres question. La réponse fut la plus étonnante quand une main énorme parut au sein du cercle pour s'abattre sur ma joue, m'envoyant voler au sein même de mon esprit... Non mais je rêve ! Je viens de me faire péter la gueule par une bague ! Qu'on ne vienne pas me dire que les femmes et les bijoux sont amis...

- Non mais tu écoutes des fois ! Je suis là pour t'aider crétine !

C'est moi où en plus il m'insultait ? C'en était trop, on n'insultait pas une princesse d'ambre sans en subir les conséquences, je me jetais sur lui avec toute la vitesse de ma pensée, j'étais une ambrienne, en un contre un, je l'explosais en matière de vitesse, mais alors que mon poing allait s'en saisir celui ci s'élargit et me fit passer au travers pour me faire me retrouver... Au dessus d'un lac de lave ?!!! Woh wo wo !!!! J'étais parvenue à m'accrocher à la bordure de cet anneau de malheur alors que la chaleur commençait à se sentir. Mais c'était quoi ce bordel ? Il m'avait téléportée ? Ça n'avait pas l'air d'être un mauvais trip, on aurait dit que c'était vraiment physique, j'étais sure et certaine que si je lâchais je finissais carbonisée même s'il ne s'agissait que d'un rêve.

- C'est bon t'es calmée ? On rentre ?

Je hochais la tête, tentant de ne pas laisser paraître la peur qui m'avait éprise. C'était quoi cette chose ? Non seulement il avait prit de vitesse une ambrienne mais en plus disposait à la fois des pouvoirs du chaos mais également d'ambre ! Une fois mes pieds revenus sur la terre ferme, ou en tous cas ce qui y ressemblait le plus, je lui demandais.

- Vous êtes le fruit du chaos et d'ambre ?

Une nouvelle baffe arriva, moins violent sans doute mais toujours éprise de colère. Qu'avais-je dit de mal enfin ? Si je devais me faire frapper à chaque mot que je prononçais la discutions risquait d'être assez délicate.

- Parles pour toi ! Je préfère encore qu'on me dise que je suis un cumulard plutôt qu'un... Enfin que je viens de ces deux imbéciles.

J'écarquillais à nouveau les yeux... C'est moi où il parlait ainsi des enfers et d'ambre ? Du serpent et de la licorne. Ce qui m’étonnait le plus était qu'il ne se fasse pas directement foudroyer. Oula... Si même les deux ne venait pas l'allumer je vois pas comment je pourrais lui manquer de respect. J'avais devant moi une créature étrange et... Puissante. M'asseyant alors un peu histoire de ne pas perdre pied, je me taisais, attendant de voir ce qu'il avait à me dire.

Il m'expliqua un peu ce qu'il était, ce n'était pas vraiment une créature mais plutôt une création doté d'une conscience et surtout d'une source de puissance indépendante. On nommait cela un "Construct" semblait-il, il disait que cela lui permettait pas mal de choses et surtout d'être assez puissant pour survivre.

- Mais alors qu'est-ce que vous faites là en fait ?

Lui demandais-je en fermant les yeux comme pour attendre une baffe supplémentaire qui ne vint pas. Il s'était tut un peu, semblant réfléchir à ce qu'il allait répondre, la vérité ou une réponse à la Ambre.

- Hum... Disons juste que le temps que Random se calme, je préfère aller faire un tour.

De surprise en surprise, je ne pu réprimer un cri de surprise "Le roi ?!!" Mais qu'avait fait cette chose pour que mon oncle s’énerve ? Il s’expliqua d'un ton... boudeur.

- Hey c'est pas ma faute, il voulait que "père" me désactive... Alors j'ai menacé de détruire ambre... Mais c'était juste pour lui faire peur et pour qu'on me lâche la grappe... Je voulais pas "vraiment" détruire cette réalité...

Il expliquait cela aussi simplement que j'en tombais sur le cul. On aurait dit un enfant rebelle qui cherchait à ne pas être punis. Attendez un instant... Et sa planque c'était ma tête ?!! Non mais de qui se foutait-il là ! Il avait intérêt à dégager assez vite sinon il allait finir par nous faire repérer ! Il me rassura, disant que son fameux "père" n'avait pas l'intention de le désactivé et que je ne risquait rien non plus, qu'il n'était là que pour me donner un indice. Mais lequel ? Je n'en avais pas la moindre idée, et le matin se levant, il me libéra de son emprise en me lançant un "bon j'y vais, salut !"


XIV- Une erreur nommée Tayga

Je l'ai toujours regrettée, mon empressement, mon orgueil, mon égo. J'ai encore du mal à me dire que c'est moi qui l'ai créé, cet être étrange, je pensais que c'était de ça dont me parlait Spectre mais je m'étais fourvoyée.

Plusieurs jours après sa venue étrange, j'avais finalement prit la peine de réfléchir à lui comme s'il avait été amical, évidement ça n'avait été qu'une supposition non vérifiée qui était censée me permettre de penser comme lui. Que voulait-il que je fasse ? Il avait parlé de création et de construct... Il avait l'air puissant. Je m'étais dit qu'il me livrait la réponse évidente à mes problèmes : pourquoi chercher un protecteur alors qu'on pouvait le créer de toute pièce ? Je laissais alors ma quête l'espace d'un instant, après tout elle m'échappait depuis plusieurs années, ce n'était pas une pause d'un mois ou deux qui me retarderait. Contactant alors mon père je le rejoignit dans un sous sol que je connaissais bien.

- Et bien, je ne pensais pas te revoir de si tôt, tu abandonnes ?

Me lança une voix froide. Je n'en fit pas grand cas, père avait toujours été détestable et même si je le remerciais de m'avoir conçue, moins je le voyais et mieux je me portais. Je sais, nous avons des relations tordues entre père et filles, il parait qu'à mon age c'est normal, on ne peut pas se supporter les 600 premières années. Sans même lui adresser une parole, je retourne m'enfermer dans ma salle d'étude, prenant grand soin que mon père ne parvienne pas à s'y faufiler. Mon étude me prit quatre semaines intensives durant lesquelles je cherchais à étudier le cerveau, je dû travailler d'arrache pied sur plusieurs types d'animaux de toutes races avant de pouvoir extrapoler sur l'être humain voir les ambriens, je devais les maintenir vivants pour les étudier, je devais voir leur cortex en plein travail, stimuler les différentes parties pour savoir ce que je devais créer et ce que je devais éviter. Mais ça ce n'était que la partie amusante et ludique, l'autre partie fut bien plus compliquée. Je devais trouver une source de puissance indépendante. Pensez ce que vous voulez, mais je n'étais pas encore au point de ma famille concernant les expériences étranges, chaque créature qui venait à mourir me mettait toujours en émoi, je ne parvenais pas à penser comme eux que ces choses n'étaient que des ombres, des déclinaisons affaiblies et déformées de la réalité d'Ambre. Foutaises et balivernes, pour moi ils étaient bien réels.

Je ne parvenais à trouver cette essence de puissance que chez les êtres vivants, humains, animaux, créatures. Je ne savais pas comment faire, je n'allais pas faire en sorte que mon protecteur se nourrisse d'animaux vivants ! Et encore, ce ne serait qu'un début. Si mes calculs étaient exactes, une telle créature en viendrait à dévorer des créatures de plus en plus grandes, des sources de pouvoir de plus en plus puissantes. C'était impensable, il finirait par tenter de me dévorer moi et ma famille... Restait à voir quel camp gagnerait. Au final je ne voulais pas créer un danger pour en remplacer un autre. Mon choix fut alors légèrement modifié, et je priais pour que ce fameux "Spectre" ne perde jamais la boule et ne prenne pas la grosse tête, si tant est qu'il en avait une.

Ainsi naquit une "Tayga", créature étrange faite de métal et de volonté. Je lui insufflait beaucoup de pouvoirs transférés. Une puissance, une intelligence, bref, tout ce qu'une tierce personne pouvait apprendre à une autre... Je lui avais donné la forme d'une petite bille à filaments, tous ses pouvoirs autres que son intelligence étaient transférés, depuis sa métamorphose à sa vitesse. Pour faire le test, je l'incluais à un rat pour commencer, ces petites créatures étaient des spécimens étranges au cerveau bien irrigué, des émotions assez basiques et une intelligence assez compatible. Le résultat ne se fit pas attendre, peu de temps après que l'implant ait prit ses aises dans le corps de notre ami, je pus voir le petit rat changer de taille et de forme, un homme au regard de braise apparut devant moi, s'observant un instant, regardant ses mains, son corps nu.

- Auriez vous un miroir mère ?

Outch... je venais de prendre quelques années dans la gueule, "mère" ? Je réprimais une grimace en lui amenant un petit miroir aux contours d'argent pour qu'il puisse admirer le visage qu'il avait obtenu. Il n'était pas trop moche, mais il restait encore beaucoup de travail pour parvenir à donner un visage d'ange à cette chose. Je me sentais stressée à l'idée que ma quête prenne fin, pourquoi ? Sans doute ne me faisais-je pas assez confiance. Cet homme était bien plus puissant qu'un humain normal, mais pour le moment, il n'était pas assez évolué pour combattre notre ennemi. Pourtant l'expérience était un succès, restait à trouver comment l'améliorer.

Pendant plusieurs jours je lui apprit ce que je savais sur le combat, sur le monde, sur nos ennemis. Il apprenait à une vitesse fabuleuse, un élève parfait, avec lui, inutile de répéter quinze-mille fois avant qu'il ne comprenne. Je pensais avoir créé mon gardien parfait, évidement, tout ne pouvait pas se passer comme prévu. Je ne sus jamais ce qu'il s'était passé, je crois qu'il a rencontré mon père avant l'heure. De ce que j'ai pu percevoir, ils se sont frénétiquement battus, mon père l'a déchiqueté comme il sait si bien le faire, mais c'était sans compter sur la régénération de la créature. Au final, mon implant finit par gravement blesser mon père, et lui n'avait plus du tout d'énergie. Plus de puissance, il lui fallait un corps plus puissant. La tayga quitta alors le corps de son hôte, se laissant porter jusqu'à un être humain pour en prendre possession sans pour autant changer sa forme. Bon sang, jamais je n'aurais dû créé une forme intelligente, pas avec autant de pouvoirs. Mes priorités avaient changé, je suivais à présent le chemin parsemé de cadavre que laissait mon enfant derrière lui. Au final, il ne faisait que suivre les ordres : il cherchait le corps parfait pour me protéger, puissant, disposant d'un pouvoir et d'une mana supplémentaire. Toujours plus, il trouvait toujours plus puissant, changeait de corps, puis en trouvait encore un autre. Sa force épuisait les corps qu'il prenait, dès qu'il les abandonnait c'était comme s'il partait avec toute leur énergie vitale, les laissant agoniser dans un coma forcé.

Je ne désirais pas ça, sa traque m'a prit près de deux ans sans répit, je devais réparer mes erreurs seule. Au final je le retrouvais épuisé, frustré, mécontent de lui et de ce manque de puissance. Une idée sembla pourtant lui traverser l'esprit... S'il s'insinuait en moi... il serait aux meilleures loges pour me protéger et pourrait profiter d'une puissance sans précédent. Je l'avais bien vu lorsqu'il me sauta dessus, je le lisais dans son regard qu'il était ravi d'avoir enfin trouvé la solution qui réglerait sa mission, aucun corps humain ne pouvait le tolérer longtemps, aucun corps humain ne pouvait accomplir cette mission. Dans un flot de sang je lui demandais de me pardonner, faisant exploser l'implant à peine sortit du crane de son porteur, je ne comptais pas l'héberger, je ne comptais pas jouer la mère d’œdipe. Il n'eut même pas le temps d'atteindre mon oreille que je le tuais, une simple pensée m'avait permise de lui faire reprendre sa forme initiale : une gouttelette de sang, sans moyen de se déplacer ou même le moindre pouvoir. Sur moi, le corps d'une jeune femme venait de tomber, inanimée, ses yeux vitreux laissant sa respiration obsolète pour encore quelques minutes, quelques heures, alors que la bave commençait à se rependre de sa bouche sur le sol boueux. Je n'oublierais jamais cette image, celle d'une femme tuée par mon simple orgueil et non ma faim, couchée contre mon sein par la faute de mon "enfant", tuée pour un monde qui n'était pas le sien... C'est là que j'ai compris que c'était une guerre vicieuse et silencieuse. C'est là que j'ai comprit que mon rôle était tout autre.


XV- Les questionnements

Du coup, pendant plusieurs mois, je pris l'habitude de mieux réfléchir, de tenter de mettre de coté mon éducation poussant à écraser les races dites inférieures pour éviter de faire de nouvelles erreurs. Pendant longtemps, j'eus le sentiment que Spectre c'était moqué de moi, qu'il l'avait fait exprès pour me pousser à la colère et à l'autodestruction. Mais il n'en était rien, je sentais au fond de moi qu'il avait tenté de me dire autre chose. Mais quoi ? Parfois je sentais mes entrailles me faire mal rien qu'en pensant à lui, comme si je le connaissais, comme si cet être nommé spectre m’appelait. Ce n'était bien évidement pas le cas, il m'avait clairement dit qu'il était hors de question que je le retrouve. Pourquoi ne voulait-il pas être vu, et pourquoi m'avait-il donc parlé des constucts si jamais il ne voulait pas que j'en crée un ? Quoi que, peut-être ne prenais-je pas les bonnes idées. Je restais dans cette optique de me créer un protecteur, mais pourquoi est-ce que je ne réfléchissais pas différemment ? Bon... voyons voir... Spectre disait qu'il était contre les enfers et ambre... Comment parvenait-il à faire face aux deux ? Sans doute n'était-il pas assez puissant pour combattre les deux... Mes un après l'autre sans doute... non... même pas... Cependant je crois savoir que les deux se détestent et se vouent une guerre sans merci... Il se peut donc que les deux n'osent se heurter à Spectre sans être affaiblit face à leur réel adversaire.

Je commençais peu à peu à comprendre la politique et la stratégie militaire qu'ils avaient tenté de m'inculqué durant tant de temps. Je commençais à me dire que j'avais tout faux depuis le début, je devais non pas me concentrer sur ma petite personne mais bien voir les ennuis dans leur ensemble, à commencer sur le pourquoi du comment ils me recherchaient.

Ainsi commença une longue et périlleuse route vers le savoir, je continuais à prétendre chercher un protecteur alors que mon but avait quelque peut subit des modifications. Mais je ne voulais pas que mon clan n'apprenne mes réelles inquiétudes. Car oui, non contente de marcher tranquillement dans leur petite combine, je cherchais aussi à trouver leur point faible... Toujours connaitre ses amis et ses ennemis... surtout quand on ne sait pas qui est qui... Je m'empressée alors de jouer le jeu et de continuer la quête qui était mienne, leur faisant croire que je restais aveugle devant tout. Peu à peu j'entendis des rumeurs, dites à demi-voix par mes informateurs. Il se disait que la guerre étant terminée, les démons s'étaient alliés aux anges sur terre... On racontait également qu'Ambre avait faillit être détruit par un envoyé des enfers mais que le roi lui même avait protégé notre réalité. Il était également dit qu'une "pile" était en chargement... Quelle pile ? Et qu'est-ce qu'une pile pour un ambrien ? Je n'en avais pas la moindre idée, à première vue ça semblait être un sac de puissance de pouvoir. Qui pouvait bien avoir créé une telle chose ? Si je devais traduire cela c'était comme si... Quelqu'un avait créé une réalité portative. C'était impossible ! Cette chose était immense, si mon arrière grand père l'avait fabriqué avec des dizaines de litres de sang, avait faillit faire mourir son fils et l'avait faite de plusieurs mettre de diamètre... C'était bien qu'il était impossible de reproduire cette puissance en plus petit... sauf peut-être... Le joyaux du jugement.

Plus j'en entendais plus j'avais peur d'une chose : que ce satané bijoux ne refasse son apparition. Il était la chose qui permettait de modifier et créer les réalités, il était inconcevable qu'il refasse son apparition sans causer une guerre dévastatrice. Le symbole du pouvoir universel, la seule lentille capable d'arriver à un nouveau stade de synchronisation avec non pas une... mais les deux puissances ! Jamais je n'aurais cru entendre un jour parler d'une telle catastrophe.

Pire, ce que mes oreilles entendirent ne s'arrêta pas là. Une créature aurait regardé au travers du joyaux et se serait en partie synchronisé avec... du moins en phase 2 qu'ils disaient... Un certain... Spectre. Nul ne savait s'il était allier ou ennemi, ils savaient juste que même le roi était dans l'incapacité de le neutraliser maintenant, je ne savais pas ce qu'était la phase 2, je savais juste que ce n'était pas bon du tout d'être l'ennemi d'une telle créature... Spectre... l'idée qu'il soit venu dans ma tête m'effraie au plus haut point, cela veut également dire qu'il a pu y trafiquer toutes sortes de choses étranges. J'ai peur d'être devenue une bombe à retardement, contrôlée par une créature qui fait à peine le tour de mon doigt... J'ai honte, j'ai peur, je me sens si mal.

Finalement mes questions continuent en boucle dans mon esprit, qui suis-je ? Pourquoi père m'a-t-il laissée ici plutôt qu'une autre ombre ? A quel point ne me suis-je pas trompée de camps et enfin... Pourquoi les uns cherchent-ils à me garder jalousement et les autres à me mettre la main dessus ? Il doit y en avoir des centaines comme moi, les princes sont des forniqueurs d'exception parait-il... Mais peu prolifiques... Non... d'après les registres il semblerait que très peu d'enfants aient vu le jour avec le sang chaosien et ambrien sans mourir à la naissance, de plus, il est encore plus rare de les avoir vus avec les pouvoirs des deux partis. Alors c'est ça ? Mon sang étrange et ma capacité de fabrications sont la source de mes ennuis ? Non, je ne pense pas, les informateurs également se moquent de moi... Je crois qu'il ne me reste plus qu'une... ou peut-être deux solutions...


XVI- L'expérimentation à cœur ouvert

La première solution ne me convenait guère, elle consistait à jouer un coup de poker énorme et à me retrouver dans les cours du chaos pour enquêter au cœur même de mes problèmes. Hum... Je suis courageuse, pas téméraire au point de remuer mes petites ailes en enfer, pourtant, c'est sur, j'aurais eut les réponses que je voulais... à mes dépends sans doutes.

Le temps continuait de tourner et je devenais de plus en plus paranoïaque. Je me souviens de la première fois où le regard d'un homme s'est posé sur moi de manière "intéressée" quelques temps plus tôt, j'avais faillit lui péter les rotules en pensant qu'il m'observait pour donner des infos à l'ennemi. Non non, c'était juste un créature qui me trouvait... Attirante semblait-il. Du coup, après cela, j'eus beaucoup de mal à démêler les espions des simples voyeurs. Ne riez pas, c'est vrai, là où même un corbeau peut-être un espion, comment voulez vous que j'entre "l'attirance" ou même "l'amour" dans mes paramètres ? C'est imprévisible et ça fout un bordel monstrueux dans mes calculs.

Pendant bien des jours je cherchais enfin à trouver ce qu'il y avait en moi qui les attiraient tous, les loyaux comme les chaotiques. Ils sont bien mignons dans la famille, mais si vous voulez demander quelque chose, oubliez les questions et allez chercher vos réponses vous même... Je partis donc pour trouver un coin tranquille si possible, ou du moins un temps, le temps de mener à bien mes expériences.

On dit qu'à mon age, on redécouvre son corps. C'était on ne peut plus vrai, mais je ne pense pas que l'imbécile qui avait dit cette phrase l'avait considérée à ma manière. Ce que je cherchais ? Aucune idée, je sais juste que ce n'était pas moi qu'on voulait dans un camps ou dans un autre, alors cette "chose" devait-être un traceur, un construct, bref... Un objet inclus dans mon corps sans doute pour trouver le fameux joyaux dont tout le monde parlait. Je plaignais soudain spectre qui avait pu s'y synchroniser, je suppose que lui aussi avait été soumis à interrogatoire, et sans doute moins gentiment que ce que je m'apprêtais à me faire moi même.

J'avais pris soin de faire le matériel adéquat pour ne pas y laisser la vie. J'appréhendais ce que je m’apprêtais à faire. Je n'y connaissais pas grand chose en corps humain, alors j'imagine à peine en corps ambrien, cela pourrait avoir des séquelles permanents sur moi... Hum... peu probable, quand j'entends mon père dire qu'on lui a cramé les yeux et qu'il avait mis 4ans à les retrouver, je pense que ce n'est pas mon auto-charcutage qui va me faire tant de mal. Les dents serrées sur un bout de métal suffisamment solide je commençais alors par pousser un soupir stressé alors que mon arme commençait à appuyer sur mon pied.

Si je devais vous décrire mon cri, je dirais que cela ressemblait à quelqu'un enterré vivant mais pas assez profondément pour étouffer son cri totalement. A partir de cet instant je ne vois pas comment j'aurais pu avoir peur d'une écharde dans le pied, j'avais commencé par la peau, prudemment en tentant de ne pas toucher aux tendons et aux muscles. J'avais vu mille fois ma famille faire ce genre de chose pour m'expliquer les règles de la science, mais habituellement je n'en ressentais pas la douleur. Peu à peu, je découvrais ma "beauté intérieure" au fil des minutes de tortures, l'avantage c'est que maintenant, avant de me torturer, il faut avoir de l'idée parce que la plupart des choses sont de la vraie rigolade comparées à ce que j'étais en train de me faire. Mon pied avait à présent les chaires à vif, j’entreprenais le plus délicatement possible d'écarter les muscles et les nerfs pour chercher plus profondément. Je ne vous cache pas que le plus difficile et douloureux est de ne pas avoir de mouvements réflexe quand on écarte un nerf, ça déclenche un mouvement imprévu et il m'est parfois arrivé de couper quelques petits nerfs ainsi, ponctué d'un cri atroce.

Mon calvaire choisit prit plus de temps que prévu, car même si on sait ne pas mourir, l'épuisement dû à la douleur est bien présent, je n'avais pas rentré cela dans mes paramètres, au lieu de ne rester que trois jours, je restais près d'une semaine. C'était trop long, j'avais sans doute laissé échapper mon aura à cause des souffrances, je devais m'en aller, et vite.

Aussi étonnant que cela puisse paraître, ma planque et tout ce qui l’entourait ne subit aucune attaque, je pense que la famille a du intercepter les éclaireurs avant qu'ils n'arrivent. Quand à mon coté, inutile de vous dire ma déception. Cette expérience, autre que scientifique, avait été un pur échec, je n'avais trouvé aucune réponse valable alors que quasiment tout mon corps y était passé, seul le dos, la nuque et mon crane avaient été épargnés et franchement j'espère qu'ils ne m'ont rien fait à ce niveau là, ce serait... Salaud. Remarquez... Dit comme ça, ça me parait maintenant évident que c'était ce qu'ils avaient fait.



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MessageSujet: Re: Lia [esclave surprenante]   Lun 9 Mai - 21:22


XVII- Equipe choc

J'ai alors recommencé à errer sur terre pendant un bout de temps, je persistais à penser que je trouverais quelque chose alors que la vie semblait plus absente que jamais.

Mais alors que je voyageais vers une autre destination, l'ambiance en forêt se détériora. Vous savez ce que c'est de ne plus entendre la nature, de sentir un dôme de force vous encercler pour vous maintenir prisonnière ? Avez vous déjà sentit des présences vous observer, vous guetter. Han... Je déteste quand ils faisaient ça, ces salles gosses n'apprenaient donc rien ? Je poussai un soupir désespéré alors que je tirais mes armes pour leur faire prendre rapidement une forme plus agressives.

Au bout de quelques instants pas franchement folichons, je me retrouvais avec cette bande d’incapables, bien sur que je ne les avais pas tués, j'avais sentit qu'ils n'avaient pas d'intentions meurtrières, mais tout de même... Un groupe de trois ambriens... Ou en tous cas c'est ce que disait ce papier. Bill l'avait lui même cacheté et tamponné, le papier scellé ne disposait d'aucune anomalie. Bon sang, plus ça allait plus j'avais l'impression qu'il prenait autant de précautions pour m'approcher que pour approcher le roi. Est-ce que je devenais une rebelle ? Ouh, ça me plaisait comme idée j'avoue.

- Nous venons pour vous escorter mademoiselle. On a ordonné votre retour à Ambre dans les plus brefs délais.

Surprise, je ne pu réprimer un sourire navré et à la fois méprisant. Me ramener ? Je n'avais jamais été à Ambre, je vois mal comment ils pouvaient faire pour mon "retour". Enfin bref, toujours était-il que ce ne me convenait pas du tout, mon délais n'était toujours pas passé, alors hors de question que je cède au caprice d'un oncle qui ne m'a jamais salué, remarquez ça leur ressemblait bien. Devrais-je refuser poliment ou avec un petit message à mon oncle signé par le plat de ma semelle sur leur joli postérieur ? A eux de voir. Je les remerciais de s'être déplacé jusque là, mais que ma mission n'était pas terminée. Mais ils ne semblaient pas avoir pour ordre de me laisser parcourir le monde encore une seconde de plus. Me saisissant ils semblèrent décidés à me ramener de gré ou de force dans notre cher et tendre pays. Allons bon... le gré n'était pas là et coté force ils étaient loin d'être au point. Mais si je m'évadais je risquais fort d'être considérée comme une renégate... être pourchassée par Ambre et le Chaos en même temps ! Youhouuu ! Je me sentais soudain et malheureusement comme une putain de célébrité. Mais comment pouvais-je rentrer sans avoir finit ma mission. Je devais trouver mon protecteur, point barre. En quelques temps c'était plié, avant même que nous ne sortions de l'ombre à vrai dire.

Mais une autre question se posait. Sur le moment je n'avais pas beaucoup réfléchit, mais je trouvais ça tout de même étrange que cette notion de protecteur puisse me pousser à une telle connerie. J'avais quand même dit "bye bye" au roi... Oh et puis zut hein, il n'avait qu'à me le dire en personne. Mais tout ceci était bien la preuve que quelque chose n'allait pas.


XVIII- Demande à Bleys

Une idée me vint alors, pourquoi ne pas essayer de mettre un ou deux membres de ma famille en poche ? Après tout je commençais à piger le fonctionnement profond des choses et je savais bien qu'il était important pour moi de me faire des alliés même parmi mes ennemis. Je ne pouvais cependant m'attaquer directement à mon père... D'une part parce que je sais bien que pour le poignarder dans le dos je devrais être bien plus rapide que je ne le suis aujourd'hui, d'autre part parce que... Ben c'est pas comme s'il m'avait faite, en tous cas je pense qu'il me connait tout comme. Je décidais donc d'aller boire un verre avec mon cher et tendre oncle Gerard... Et bien vous savez quoi ? Le problème avec lui c'est qu'il aimait tout le monde et que tout le monde le voulait dans son propre camps, autant dire que ce n'était pas évident de se baser sur cet élément neutre. L'avantage au moins c'est que je pouvais lui demander quelques services.

Après quelques bières, celui ci semblait bien plus parler, il avait beaucoup de secrets concernant mon père, et pas des moins intéressants. Je le suspecte pourtant de me donner ces infos seulement parce que je suis du même sang que lui. Ha... Erreur, le sang n'a qu'une valeur officielle ici... Mais j'ai une grande tendresse pour ce nounours à la force incroyable, je ne le trahirais pour rien au monde, les alliés au cœur aussi pur étant une denrée si rare par chez nous. Mais au final comment utiliser les infos qu'il venait de me donner sans pour autant qu'on ne sache qu'elles provenaient de lui ? En les faisant utiliser par un autre... Avec un peu de chance ils finiraient par douter les uns des autres et me feraient gagner un temps précieux.

Je venais donc à la rencontre de mon cher et tendre oncle Bleys, ah, le grand rouquin si étrange qui m'accueillait toujours avec des courbettes théâtrales. Je ne pouvais m'empêcher d'y répondre de même, toujours plus exagérées les unes que les autres. Je me devais de rentrer dans la peau du personnage, me caler sur le style de mon interlocuteur. Les princes de première génération (mon père et les autres) avaient ça au moins pour eux, ne pas avoir à faire leur preuve sinon entre eux, pour nous c'était bien plus compliqué, nous avions un sang plus dilués, une éducation plus "humaine", nous ne pouvions espérer garder notre orgueil comme eux. Fin bref.

- Et bien chère nièce ! Que me vaut le plaisir de ta venue ?

Me parant de mon plus beau sourire j'entreprenais de découvrir la maison qu'il habitait ici, un manoir luxueux qui semblait avoir été épargné par l'apocalypse, étrange non pour un ambrien alors que le reste de la famille se faisait discret. Bien peu d'images, quelques-unes le représentant avec différents membres de la familles, en particulier sa soeur, Fiona. Il semblait vraiment y tenir... Il me tardait également de la rencontrer, on disait d'elle qu'elle était d'une intelligence surprenante et s'évertuait à découvrir les secrets de père... Miam miam miam... Cela promettait d'être une rencontre enrichissante. Mes doigts jouant sur le mobilier comme une femme  qui découvre pour la première fois sa future demeure, pas une trace de poussière, pas une seule fissure... Trop parfait. Bleys voulait donc m'épater au point de faire croire que cette baraque était sa villa ? Ah ah... Vieux pervers !

- Dois-je avoir une excuse pour voir mon oncle préféré ?

Demandais-je sur le même ton insolent qu'à l'époque. Lui même était un vieux garçon assez instopable, je pense que c'est ce coté de ma personnalité qui fait que suis devenu un jouet amusant pour lui, malléable et réactive... Pourtant il n'était sans doute pas des plus dangereux de notre espèce. Je me laissais offrir un verre. Je crois que mon coeur battait la chamade, tant de crainte que d'excitation. Ne pensez pas un seul instant que c'était un moment d'entente cordiale et un instant familial. Chaque mot échangé testait nos limites et notre volonté. J'étais forcée de constater qu'il était bien plus sur que moi dans ses gestes et ses dires, j'étais encore une jeune femme trop innocente comparée à cet être qui avait connu les siècles passés. Je me levai à nouveau, regardant à nouveau une image de Fiona et Flora cote à cote, mon regard le scrutait dans le reflet de la vitre protectrice.

- J'ai un soucis... Fis-je avec un léger silence pour appuyer mes dires. J'ai une étrange sensation au travers de moi, comme si... Autre chose était présent.

Je me contentais de l'observer du coin de l’œil, changeant parfois d'image pour ne pas éveiller les soupçons. Je notais qu'il n'avait rien changé à sa manière de faire, s'arrêtant de boire pour afficher une mine à la fois intriguée et inquiète à mon égard. Son petit manège aurait pu marcher si Gérard n'avait pas eut également le bon sens de me parler de mon cher ami le mage. "Quand il était nerveux" me disait-il "il est assez amusant puisqu'il se sert une coupe de vin bien rouge sang comme je les aime, et à chaque fois il fait la grimace quand il se rappelle ne pas aimer ça." Merci tonton... je te revaudrais ça. En effet, il sortit une nouvelle coupe d'or pour y glisser le nectar rougeoyant, je suis sure qu'il trouvait ça vampirique, ça devait l'amuser, mais hélas je n'avais aucun sentiment pour les vampires roux, ça leur faisait mauvais teint. Monseigneur avait donc des choses à se reprocher ? Et bien dites donc, ce ne devait pas être beau à voir... Mais qu'avait-il pu cacher au fond de moi ? Réfléchissons bien... Il était doué en matière de sortilèges et ses anneaux n'étaient pas que décoratifs, je savais aussi qu'il pouvait être éventuellement capable de toucher à l'esprit des gens... Hun... Il ne restait alors que quelques question : Avait-il caché un objet ou une information ? Tenant alors l'arrière de ma tête je faisais un choix des plus raisonnables.

- Je crois que j'ai des images dans la tête, un peu comme si on voulait me dire quelque chose...

Fis-je en tournant vers lui un regard faussement inquiet. Oui, je jouais plus ou moins dans la cour des grands maintenant, peut-être un peu trop pour moi d'ailleurs, j'avais été un peu téméraire sur ce coup là. Je savais qu'il ne me tuerait pas, il ne savait pas si père était au courant de ma venue ici, et faire disparaître la dernière née de Corwin n'était pas vraiment de bonne augure. Bien sur qu'il n'était pas au courant, vue qu'il était autant mon ennemi que Bleys, mais Gérard saurait le lui dire bien gentiment si jamais je venais à disparaître. Ah ! Pensiez vous vraiment que je serais allée à la rencontre de ce gros mafieux sans prendre mes précautions ? Plutôt deux fois qu'une. Quelque part dans le monde, un crayon fait par mes soins prenait le temps de rédiger ce qu'il se passait ici même. Une trace écrite qui ne se perdrait pas avec ma mort. Je ne le vis pas approcher, et je n'eus même pas le temps d'afficher un air surpris, ou même colérique alors que sa main s'abattait à l'arrière de mon crane.


XIX- Prise au piège

Outch... que m'était-il arrivé ? Je n'en avais pas la moindre idée devant mes yeux tout semblait flou, je ne parvenais pas à distinguer clairement les personnes présentes avec moi mais la tignasse rougeâtre qui s'agitait devant mon nez me rappelait vaguement quelqu'un. Un sourire navré se dessina sur mon visage, les yeux encore embués mais légèrement ouverts, je venais me saisir de la main qu'il tendait vers moi.

- Me suis-je endormie ?

Demandais-je d'une petite voix très faible, mon corps engourdit reposant dans un lit oh combien confortable, je me serais bien laissée repartir au pays des songes si mon oncle ne m'avait rappelée à l'ordre. Je ne pouvais pas rester ici, nous ne pouvions pas rester ici, d'une part parce que les Chaosiens arriveraient bientôt, mon malaise ayant libéré mon aura un instant, nous n'étions plus en sécurité ici. Ah oui la sécurité. D'un pas flagellant, je tentais de me remettre sur pied pour reprendre ma route. Mon besoin de trouver un protecteur était bien plus présent qu'auparavant, je savais que je DEVAIS le trouver, c'était vital, c'était ma mission, je ne pouvais effectivement pas rester là, rester passive. Au bout de quelques minutes, je me retournais vers oncle Bleys, une lueur d'incompréhension se peignant dans mon regard.

- Que... Que c'est-il passé ?

Me prenant par les épaules, il m'aida à descendre les marches escarpées en bois, m'expliquant à voix basse. Il semblerait que je me sois évanouie en voyageant vers le sud, selon lui il était possible que le fait de retenir mon aura ait plus de conséquences que prévu. Il s'inquiétait, me rappelant que la date fatidique approchait, que je devais trouver mon protecteur. Je ne sais pas pourquoi, mais ces simples mots me firent du bien, je me retrouvais éprise d'une énergie nouvelle. L'idée de trouver enfin la clef de ma liberté était fabuleuse, je n'imaginais plus d'autres avenirs pour moi. Ce malaise semblait avoir remis certaines choses en place dans ma tête et dans mon cœur, j'avais sans doute faillit faire un allé simple par la mort, alors mes certitudes avaient changées.

Et puis je sentais cette force me pousser inlassablement, je ne pouvais que le trouver, un peu comme si c'était mon destin, comme s'il ne pouvait en être autrement.

Spoiler:
 

XX- Le commencement

Je tatillonnais, je errais à l'aveugle dans les terres et sur les mers. Plusieurs questions vinrent : Et si je me laissais capturer, cette guerre toucherait-elle les ombres ? Oui, malheureusement des pouvoirs comme les miens dans les mains de ces monstres donneraient de grandes armes, l'équilibre devait-être respecté. Bref, j'étais piégée... Tant que je ne trouvais pas un moyen de tenir les deux clans en respect, je ne pouvais espérer ni protéger ces terres, ni me laisser vivre.

Les années passèrent, pénibles et vides. Vivre ? Pourquoi faire ? Tout le monde s'en tire très bien sans moi... Après tout. Je ne suis qu'un pion. J'avais l'impression de ne plus exister, un peu comme si finalement les chaosiens s'étaient lassés de me courir après ou peut-être avaient-ils oubliés. J'en étais à la fois heureuse et dubitative. C'était peut-être un nouveau piège après tout... Mes pas me menèrent alors vers un rivage bordé d'une forêt, je sentis approcher des être, ils ne semblaient pas amaigris ni même sales comme le reste du monde que j'avais pu voir. Je les observais un instant de loin, mon instinct me dictant à nouveau de me méfier de ces êtres. Et il n'avait pas tord. Des anges et des démons. Bon sang alors c'était vrai ? Ils s'étaient alliés ? Jusqu'à présent je n'avais pas eut à craindre les troupes angéliques, mais s'ils étaient associés tout deviendrait plus complexe. Leur regard se posa sur moi et j'entendis une voix grave crier :

- Là bas ! Attrapez la c'est notre jour de chance !

Je me mise à courir, ne connaissant pas encore leurs capacités. S'il étaient en bonne santé alors que j'étais ainsi amoindrie, comment être sure de pouvoir les occire. Une boule de feu s'écrasa à coté de moi alors que je l'évitais, me propulsant de coté. Rapidement, je me retrouvai encerclée, tirer mes armes n'auraient eut que peu d'impact, les paramètres étaient trop flous, trop incomplets pour les défier sous cette forme. Soit. Si je devais revivre une seule fois sous ma vraie forme, ce serait aujourd'hui. Le combat fut rapide, au final ce n'était rien de plus que de simples sous-fifres. Une fois ma forme démoniaque reprise, je n'eut aucun mal à taillader leur chair. Mais je ne pus réellement contempler mon oeuvre en revenant sous ma forme humaine, mon énergie était trop faible pour encaisser une transformation si rapide et je m'effondrais au sol, le nez plongé dans le sang de mes victimes.

Lorsque je me réveillais, j'étais toujours allongée, mais mon horizon se limitait aux barreaux d'une cage. Ils m'avaient eut... C'était bien loin de la vie de princesse ou de fugitive que j'avais connu. Les odeurs étaient celles d'humains, démons, anges, vampires et bien d'autres races. Je me souvint de bribes, des démons me lavant, me déshabillant, me rhabillant. Ma main vint tâter mon flanc, il était guérit, depuis combien de temps étais-je là ? Que m'avaient-ils fait ? Ma main descendit sur ma cuisse, cherchant mon jeu de carte. Disparut. Logique, c'était tellement logique, qui allait laisser ses armes à une ambrienne capturée ? Mes barrettes non plus n'étaient plus là, je me sentais nue, je me sentais désemparée. Je gardais les yeux clos, écoutant, humant l'air.

- Qu'avait-elle avec elle ? Fait-elle partie des rebelles ?
- Elle n'avait rien sinon cette tunique poisseuse, il est peu probable que les rebelles aient quitté Atlantica-city, personne ne peut passer "La barque de Charon" dans l'autre sens.

Je réprima un mouvement rieur, la barque de Charon ? Quelle ironie alors que j'étais censée être l'incarnation de la barque du passeur, ce devait être ça les souvenirs de bateau qui pointaient peu à peu dans ma tête. Mais d'autres questions avaient nettement plus d'importance : je n'avais rien sur moi ? Mais alors où étaient mes créations ? Faire partie des rebelles ? Atlantica-city ? J'étais perdue. Pourtant une chose semblait évidente : Ils ne me connaissaient pas. Écoutant alors durant des jours les conversations à droite et à gauche, je compris bien vite qu'ils m'avaient prise pour une race inférieur, une humaine et que j'étais alors destinée à devenir esclave. Durant quelques instant, je dû me battre avec mon orgueil pour ne pas faire entendre ma voix. J'étais une putain de princesse ambrienne les gars ! Une fille qui était traquée par des envoyés de l'empereur ! J'étais pas une sous merde enfin !

Passé ce moment d’ego surdimensionné et mal placé, je finis enfin par réfléchir. C'était peut-être un don du destin finalement... Qui irait suspecter une esclave ? Je pourrais même peut-être vivre tranquillement à cette place en me retroussant les manches. Hum... et puis rejoindre une nouvelle prison dorée ne m'enchantait guère, soit, essayons ce plan. Je doutais de pouvoir échapper à Ambre sous cette forme, mais ça pourrait au moins me faire gagner du temps pour réaliser la mission. Je pouvais sentir certaines effluves de démon passant près de moi, des odeurs de vices, des odeurs de folie... Alors attendez un instant... Avoir un maître ou une maîtresse... à la limite bon, mais un gros pervers psychopathe non merci ! Je faisais toujours mine d'être évanouie, laissant croire que j'étais une pauvre chose frêle qui ne tiendrait jamais longtemps pour les sévices qu'ils envisageaient.

Mais au bout de plusieurs jour, il fallait l'avouer, nul ne voulait de moi et cette cage commençait à me lasser. Je finis pas ouvrir les yeux, peut-être sentais-je que c'était le moment. Je pensais que mon port majestueux allait me faire prendre de la valeur, mais à la place ils vinrent me corriger. Non mais pour qui se... hum pardon. Soit, j'essayais alors de seulement faire bonne figure malgré le fait d'être debout, entravée serré aux barreaux de ma cage. C'est là qu'il apparut. Wiver Blades. Un démon. Je manquais d'esquisser un œil mauvais, plus par habitude que par réelle remontrance, mais je me retins. Qui sait, peut-être lui non plus ne savait pas ce que j'étais. Mais de ce que j'avais compris, il était important, qui irait donc soupçonner la servante d'un être aussi haut placé ? Bingo, j'avais tiré le bon numéro. Mais autre chose me poussa à ouvrir la bouche, à parler : C'était lui, le protecteur que je cherchais tant. Une intuition. Quelle ironie que cela tombe sur un démon, peut-être du camps des Sawal ou des autres... Mais c'était pourtant clair à mon esprit, comme si le destin avait seulement voulu se rire de moi. Tant pis pour lui, je défierais le destin lui même.

J'étais une bonne esclave, jamais un mot plus haut que l'autre et lui était un maître adorable, presque trop doux si bien que je venais à me demander si on ne m'avait pas raconté des cracks sur les démons. Je n'avais connu jusqu'à présent que des attardés violents, aucun démon faisant preuve d'une parcelle d'humanité. Si je lui avais dit cela, sans doute ne l'aurait-il pas bien pris. Peu à peu je me faisais à ma nouvelle vie, appréciant même lui porter son petit déjeuné aux heures où les princesses flemmardaient dans des draps de soie. Notre relation était étrange, toujours très maître esclave, mais quelque chose de plus naissait en moi, quelque chose qui n'avait pas sa place dans mon corps : dormir au pied de son lit comme une chienne détruisait les cauchemars qui avaient toujours envahis mon esprit, pire, il ne rouspétait pas, il me laissait là, m'invitant même à tenir une posture plus descente en venant sous les draps tièdes. Pas questions ! Je m'esquivais en excuses bidons pour ne pas partager son lit, sans doute mon orgueil avait peur et surtout, je ne savais pas ce qui se produirait si jamais cet acte venait à être commit. Je finissais par l'apprécier et même peut-être par l'aimer si mon cœur avait été prévu pour cela. Peut-être me rendait-il plus humaine que je ne l'étais, qui sait. Peu à peu, je devins sa protectrice autant qu'il me protégeait par sa seule présence. Mais mon secret était un poids qui m'empêchait d'avancer, je découvrais peu à peu des émotions, des sentiments incompatibles avec mon code de l'honneur. Même lorsqu'il m'offrit ce que j'avais toujours désiré, je ne pus l'apprécier à sa juste valeur et je choisis de m'enfuir.
Mes interrogations avaient changées, je ne me souciais plus que vaguement d'ambre et des enfers, j'étais constamment obsédée par cet homme et sa sécurité, lui qui passait le plus clair de son temps à combattre. Ne pouvait-il pas se stopper enfin ?


XXI- Retour de force.

Quelques temps plus tard, j'étais autonome, je pouvais librement aller et venir dans la ville sans que cela ne pose le moindre soucis, sans que personne ne me remarque. Un sifflement attira mon attention, un regard que je n'avais jamais oublié disparut à l'angle d'une ruelle. Je pris soin de regarder autour de moi avant de m'y engouffrer.

- Luc !

Dis-je à mi-voix, l'air plus heureuse que je ne l'avais jamais été. Le jeune homme ou plutôt sa copie hocha la tête avec un soupir las, me tendant simplement mes effets personnels, tout y était, lors de l'agression ils avaient dû se mettre en sécurité. Peut-être ce jeu de tarot était-il bien divinatoire après tout, avait-il pressentit que ma capture n'était pas une mauvaise chose ? Je ne le savais pas, mais je ne chercha guère plus loin en remettant mon jeu de carte incomplet dans une de mes poche et mes barrettes dans mes cheveux. Après tout, mon maître m'avait laissé un peu d'argent pour "me faire plaisir" avait-il dit... Il n'était pas censé savoir que ces petites choses ne venaient pas d'une boutique du coin. Luc s'inquiéta de mon état du coin de l’œil avant de reprendre sa forme initiale de carte, se rangeant docilement avec les autres.


XXII- L’Arène du destin.

Mais mon petit subterfuge dû prendre fin, ou du moins être mis en péril ce jour là, ce ne devait être qu'un festival comme les autres, le peuple d'Atlantica-city se rassemblant au Colisée pour admirer les rebelles ou des esclaves se faire dépecer... C'était un but discutable mais ce n'était pas ce qui m'avait dérangée, je sentais venir la catastrophe et tous mes sens étaient en alerte. Je sentais bien que le meurtre de rebelles ne passerait pas inaperçu aux yeux de leurs camarades. Mais plus encore, j'appris que mon protecteur devrait peut-être descendre dans l’Arène pour combattre. Je n'approuvais pas du tout cette idée, mais que pouvais-je bien dire ? Je devais calculer tout cela rapidement, les probabilités, les angles de tir, le peuple qu'il y avait, qui pourrait nous gêner. Le spectacle avançait et rien ne se produisait, mon instinct me trompait-il ? Mais ce répit ne dura pas, très vite les choses s'agitèrent, mon maître était dans la fosse à combattre le rebelle Dreak. Je ne pouvais pas rester en place, je devais l'aider. S'il n'y avait pas eut tous ces rebelles dans le coin je lui aurais fait confiance - en partie - mais là c'était du suicide. Je me frayai alors un chemin vers les coulisses, tentant d'être la plus discrète possible comme une énième personne paniquée dans cette pagaille. Arrivée là bas, j'observais le combat. Tout ne se déroulait pas en l'avantage de Blades. Tant pis, je n'avais plus le choix. Je me transformais en une seconde, accourant alors au secours de mon maître et me jetant sur lui pour faire rempart de mes griffes pour le protéger d'une balle - perdue ou non - laissant alors un bruit métallique résonner dans la cage que je lui avait faite. Je me reculais aussi rapidement l'agression passée, craignant qu'il ne comprenne pas que j'étais de son coté. Ma forme était hideuse et loin de paraître amicale même si je souriais. Mais rapidement nous sommes revenus à notre ennemi : le rebelle, ou plutôt les rebelles. Ils auraient été sots de croire qu'un seul d'entre eux pouvait suffire. La lutte fut acharnée et alors que Dreak était aux prises avec Wiver, ma mâchoire s'écrasa sur lui dans un bruit d'os broyés. Je profitais de la stupeur de mon maître pour me carapater rapidement vers les tréfonds du Colisée, reprenant ma forme humaine alors que j'entendais les pas de Wiver lancé à ma poursuite. Mes os étaient déplacés, mes muscles vrillés, des hématomes apparaissaient rapidement alors que je m'effondrais au sol, éprise d'une douleur morbide. Une excuse, je devais trouver une excuse pour me retrouver ainsi nue, massacrée dans un recoin sombre du bâtiment. Je fis tous les efforts du monde à tirer le manteau tombé avant ma transformation pour couvrir ma nudité avant qu'il n'arrive. Les rebelles étaient d'excellents coupables pour ces blessures, qui dans le public n'avait pas été touché ? Je supposais que je pouvais prétendre un passage à tabac. Mais parviendrais-je encore à mentir longtemps ?


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MessageSujet: Re: Lia [esclave surprenante]   Lun 9 Mai - 23:26

Bon et bien merci d'avoir modifier tout ça et puis tu es donc ^^



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